Chapel Of Love

Jolie surprise que cette face b, puisqu'il s'agit d'une cover du tube des Dixie Cups sorti en 1964 et qui n'est pas sur l'unique album du groupe (que j'ai beaucoup écouté - ceci expliquant cet apparent soudain intérêt pour Holly And The Italians).

Le single de Théâtre

Ici, on pourra télécharger en Mp3 l'unique single de Théâtre sorti en 1983.


 

Les Goulues dans Bruits Et Graffitis n°4 (Mars 1984)

 


On Va Ailleurs

Voici l'autre face du single de NBC sorti en 1983 !

La vidéo d'Holly And The Italians

Holly And The Italians

À la fin des années 1970, Holly Beth Vincent, originaire de Chicago, s’impose comme une figure singulière dans un paysage musical encore largement dominé par des regards masculins. Chanteuse, guitariste et compositrice, elle refuse les rôles assignés et monte son propre groupe, The Italians, après avoir traîné ses guitares du côté de Los Angeles. Très vite, le projet prend une autre dimension lorsqu’elle décide de s’installer à Londres, alors en pleine effervescence post-punk, où les labels et la presse sont à l’affût de nouvelles personnalités capables de conjuguer énergie punk et écriture pop.

C’est dans ce contexte que naît “Tell That Girl To Shut Up”, premier single du groupe, enregistré et publié à la charnière de 1979 et 1980. Le morceau frappe d’abord par son titre, frontal, presque provocateur, qui résume assez bien l’attitude générale de Holly Beth Vincent. Musicalement, on est sur une power pop tendue, rapide, avec des guitares sèches, une rythmique sans fioritures et une mélodie immédiate qui reste en tête dès la première écoute. Rien de révolutionnaire en apparence, mais une efficacité redoutable, portée par une interprétation à la fois rageuse et parfaitement maîtrisée. La chanson condense tout ce que la new wave pouvait offrir de plus direct à ce moment-là : l’urgence punk débarrassée de ses excès et une écriture pop qui ne s’excuse pas d’être accrocheuse.

Le single attire rapidement l’attention de la presse musicale britannique et permet à Holly and the Italians de signer chez Virgin Records. Le groupe se retrouve propulsé sur les routes, partageant l’affiche avec des noms déjà bien installés comme The Clash, Blondie ou les Ramones. Pourtant, malgré cette exposition et le soutien d’un label important, Holly and the Italians ne parviendront jamais à transformer l’essai sur le plan commercial. Leur unique album, The Right to Be Italian, publié en 1981, prolonge l’esthétique du single sans véritablement trouver son public à l’époque. Avec le recul, le disque apparaît pourtant comme un témoignage solide de cette période où la new wave flirtait encore avec la power pop et le punk, avant de se normaliser ou de se synthétiser à outrance.

“Tell That Girl To Shut Up” restera le morceau emblématique du groupe, celui par lequel on y revient presque toujours. Ironie de l’histoire, c’est une autre formation britannique, Transvision Vamp, qui offrira à la chanson sa plus grande visibilité en la reprenant à la fin des années 1980. Leur version, plus lisse et parfaitement calibrée pour les charts, fera connaître le titre à un public bien plus large, au point d’éclipser presque totalement l’original aux yeux de beaucoup. Pourtant, c’est bien la version de Holly and the Italians qui conserve aujourd’hui toute sa force : moins produite, plus sèche, plus honnête aussi, dans ce qu’elle raconte d’une époque et d’une posture.

Après la séparation du groupe au début des années 1980, Holly Beth Vincent poursuivra une carrière solo et multipliera les collaborations, sans jamais retrouver une exposition comparable à celle de ses débuts londoniens. Holly and the Italians restera donc comme un projet bref mais marquant, typique de ces groupes passés entre les mailles de l’histoire officielle, mais dont un single suffit à justifier la redécouverte. “Tell That Girl To Shut Up” n’est pas seulement une bonne chanson new wave : c’est un instantané, un morceau de colère pop parfaitement daté, mais toujours vivant, qui rappelle que certaines trajectoires fulgurantes laissent des traces bien plus durables que des carrières interminables.

La vidéo des Goulues

 

Les Goulues

Parmi les disques qui passent sous les radars de l’histoire officielle du rock français des années 1980, Autour de mes nuits des Goulues occupe une place à part. Un unique album, une trajectoire courte, et pourtant un témoignage précieux de cette scène parisienne indépendante (parfois féminine, coucou Nana & Co)  qui a longtemps existé en marge des circuits médiatiques.

Les Goulues voient le jour à Paris en 1983. À l’origine, le groupe se compose d’Eugénie Bastille au chant, de Katy à la batterie, de Frédérique à la guitare et aux chœurs, d’Annie à la basse et de Sylvie au saxophone. Dès ses débuts, le groupe s’inscrit dans une dynamique rock indépendante nourrie par l’énergie post-punk et new wave de l’époque, avec une identité marquée et une présence féminine affirmée, encore peu visible dans le paysage rock français du moment.

Comme beaucoup de formations underground des années 80, Les Goulues traversent plusieurs changements de personnel et périodes d’instabilité. Après diverses péripéties, le groupe finit par se stabiliser à la veille de l’enregistrement de son disque. En 1987, la formation qui entre en studio est composée de Katharina au chant, de Frédérique à la guitare, de Véro à la basse et de Katy à la batterie, accompagnées de Christian Ramirez, dit Chriss, à la guitare. Celui-ci est alors le seul membre masculin du groupe, les Goulues conservant un noyau essentiellement féminin.

C’est cette formation qui enregistre Autour de mes nuits en 1987, au studio Scoop. L’album est auto-produit puis distribué par Musidisc, sans véritable soutien promotionnel. À sa sortie, le disque passe largement inaperçu. Il ne bénéficie ni d’une exposition médiatique significative ni d’un relais durable dans les circuits de diffusion traditionnels, circulant surtout de manière confidentielle, comme beaucoup de productions indépendantes de l’époque.

Avec le recul, Autour de mes nuits apparaît pourtant comme un document sincère et représentatif de la scène rock alternative française de la fin des années 80. Une musique souvent tendue et nocturne, portée par des textes en français et une instrumentation qui privilégie l’atmosphère à la démonstration.

L’aventure des Goulues s’achève rapidement. Le groupe se sépare en 1988, un an seulement après la sortie de l’album, et aucun autre enregistrement officiel ne verra le jour. Aujourd’hui, Autour de mes nuits est devenu une rareté discographique, recherchée par les amateurs de rock français obscur et par les collectionneurs attentifs aux scènes parallèles des années 1980.

À sa manière, Les Goulues incarnent cette génération de groupes DIY restés dans l’ombre, faute de moyens, de relais ou simplement de timing, mais dont les disques continuent de raconter une autre histoire du rock français. Une histoire fragmentaire, souterraine, que Bouloup s’attache précisément à documenter et à faire ressurgir.

Le single de The Raves

Ici, on pourra télécharger le single des The Raves belges sorti en 1981 !

NBC

NBC fait partie de ces groupes français du début des années 1980 dont il ne reste presque rien, sinon quelques disques rares, des souvenirs fragmentaires et une esthétique immédiatement reconnaissable. Actif autour de 1983, le groupe a laissé au moins deux singles aujourd’hui difficiles à trouver, dont l’un avec les titres « Panique » et « On va ailleurs », l’autre articulé autour de « Je sais que tu viendras me voir », décliné en version originale et en remix. À défaut d’articles de presse ou de discographie officielle, ce sont les disques eux-mêmes qui parlent.

Le verso du single « Je sais que tu viendras me voir » permet de reconstituer une partie du puzzle. NBC y apparaît comme un groupe structuré, loin du simple projet amateur. Les crédits mentionnent Alain Lagrange au chant et à la guitare, Philippe Daniel à la basse, Frédéric Lumbroso aux claviers et synthés, Jean-Louis Bessonies à la batterie et Jean-Pierre Lagrange à la guitare. Les éditions sont assurées par Milk-Shake, avec un management identifié, celui d’Alain Coute, accompagné de numéros de téléphone typiques de l’époque. L’ensemble situe clairement le groupe dans un cadre professionnel modeste mais réel, caractéristique de nombreuses formations régionales de ces années-là.

Musicalement, tout indique une inscription dans le rock français post-punk ou new wave du début des années 80. La présence affirmée des synthés, l’existence d’un remix en face B et le graphisme épuré de la pochette renvoient à cette période où beaucoup de groupes cherchaient un équilibre entre guitares tendues et modernité électronique, sans forcément accéder à une diffusion nationale. NBC semble appartenir à cette scène intermédiaire, trop organisé pour rester anecdotique, trop local pour laisser des traces durables dans la presse spécialisée.

L’hypothèse d’une origine dans le Vexin apparaît particulièrement crédible. La région, à cheval entre l’Île-de-France et la Normandie, a vu émerger au début des années 80 une multitude de groupes naviguant entre rock, new wave et post-punk, souvent soutenus par des réseaux locaux de salles, de radios et de fanzines. La rareté des disques de NBC, l’absence quasi totale de documentation en ligne et le profil des structures mentionnées sur les pochettes correspondent parfaitement à ce type de scène régionale, active mais peu archivée.

S.T.A.F.F.

Voici l'autre face du single de Staff sorti en 1990. Peut-être morceau live d'intro pour le groupe...

Staff dans Magic Rock N°01 (Janvier 1988)

 




Le single des Cousins américains

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le 2e single des Cousins (de Philadelphie) sorti en 1984.


 

Staff en concert (le 12 mai 1990)

Staff

Staff naît en 1985 à Beauvais autour de Rachid Cherfaoui au chant et à la guitare, Dominique Paul à la guitare, Thierry Rouillard à la basse et Stéphane Amédée à la batterie, avec dès l’origine un cinquième membre à part entière, Thierry Fraigneux, manager du groupe. Les premières répétitions se déroulent dans les sous-sols d’une école maternelle désaffectée à Goincourt, cadre parfait pour poser les bases d’un répertoire mêlant compositions personnelles et reprises choisies, de Bijou aux Who, de Lou Reed à Gainsbourg, dont une version de « Je suis venu te dire que je m’en vais » circule encore aujourd’hui.

Les concerts commencent dès la fin de l’année 1985 et, à partir de mars 1986, s’intensifient grâce à la création de l’association beauvaisienne Magic Rock, qui structure une scène locale alors en pleine effervescence. Staff participe à la scène ouverte du Printemps de Bourges et partage l’affiche avec les Toulousains des Surrenders à Beauvais, affirmant peu à peu une identité scénique où l’énergie rock se combine à un sens de l’humour bien assumé. L’année 1987 marque un premier tournant décisif avec la victoire du groupe lors de la finale nationale du Circuit Rock Universitaire. Cette reconnaissance leur ouvre les portes du studio et débouche sur l’enregistrement de leur premier 45 tours, « Juste partir ailleurs », contenant les titres « Sans rien dire » et « Suzy Lou ». La pochette, à l’image du groupe, reflète un esprit décalé et sans prétention. Un clip de « Sans rien dire » est même tourné pour l’émission Décibel en octobre 1987, non sans une erreur mémorable puisque Staff y est présenté comme un groupe de Cambrai.

Les années suivantes voient le groupe multiplier les concerts en France, avec notamment un passage au Golf Drouot et une tournée en Bretagne. Mais c’est à la toute fin des années 1980 que l’histoire de Staff prend une dimension inattendue. Des rencontres amicales les mettent en relation avec Andy Rabe, qui devient leur manager pour l’étranger et leur ouvre les portes de l’Allemagne. S’ensuivent des tournées régulières outre-Rhin, dans des festivals et des salles de villes comme Dortmund, Essen ou Bochum, ainsi que dans l’ancienne Allemagne de l’Est, jusqu’à Berlin, à peine un an après la chute du Mur. Cette aventure allemande, encore trop rarement évoquée lorsqu’on parle de groupes français de cette période, joue un rôle déterminant dans la suite de leur parcours.

À Bochum, Staff attire l’attention du label allemand Sound Factory, qui leur propose un contrat en 1990. Un premier titre, « Milk Shake », paraît sur la compilation Total Fatal Vol. 1, puis un 45 tours est publié pour faire patienter le public en attendant un album. Dans le même temps, le groupe participe en septembre 1990 à la finale du tremplin Yamaha au Casino de Paris. Arrivés seconds derrière les Dirty Rats Rappers, les Niçois, ils manquent de peu le voyage au Japon, mais ce classement leur permet d’investir dans du matériel et de renforcer leur dispositif scénique.

C’est finalement en décembre 1990 que sort le single qui reste aujourd’hui le plus souvent associé au nom de Staff, avec les titres « Civilisés » et « S.T.A.F.F. ». Ce 45 tours, annonciateur d’un premier album qui ne verra jamais vraiment le jour, vient clore une trajectoire dense, faite de concerts, de rencontres et d’allers-retours constants entre la scène locale et des horizons plus lointains. À travers Staff, c’est tout un pan du rock français des années 1980 et 1990 qui se dessine, celui de groupes investis, mobiles, parfois reconnus loin de chez eux avant de l’être à domicile, et dont il reste aujourd’hui quelques disques, des affiches, des photos et surtout une histoire qui mérite d’être racontée.

Kung Fu Cowboy

Dernier extrait du mythique single des Zoquillos, voici "Kung Fu Cowboy" sorti en 1983 !

Les Stilettos dans On Est Pas Des Sauvages (17 Janvier 1983)

Là-bas

Voici l'autre face du single des Stilettos sorti en 1981 ! 

Le maxi de Strideur

Ici, on pourra télécharger "13" en Mp3 l'unique maxi 4 titres de Strideur sorti en 1981 ! 


 

Une photo (rare) des Monkey Business

Merci au camarade David d'avoir partagé cette photo prise par Richard Walter lors du tournage d'un clip des Monkey Business dans les frigos parisiens ! On y voit Bruno en pleine action et derrière Led' à la basse.

Les Stilettos dans Nineteen n°2 (Janvier - Février 1983)

 




Le retour de Gamine

J'ai déjà beaucoup publié sur Gamine, ce groupe bordelais qui méritait bien plus qu'un succès d'estime. Par hasard, je suis tombé sur cette vidéo où le groupe joue en playback sur la démo de leur magnifique tube "Le Voyage".

Les Stilettos

Les Stilettos font partie de ces groupes français de la fin des années 1970 et du début des années 1980 dont la trajectoire épouse parfaitement les soubresauts d’une scène rock encore en construction. Originaires de Bordeaux, ils apparaissent en 1977, à un moment où le punk commence à fissurer sérieusement les habitudes musicales françaises sans pour autant imposer un modèle unique. Leur nom n’est pas anodin : les stilettos sont ces chaussures à talons très hauts et très fins, apparues dans les années 1950, symboles d’élégance, de féminité et de provocation. Le mot renvoie aussi, par son origine italienne, à la dague fine et acérée, ce qui lui confère une dimension plus dangereuse, presque tranchante. Entre glamour et menace, séduction et attaque, l’imaginaire du stiletto colle parfaitement à un rock qui cherche autant à attirer qu’à piquer.

Chez les Stilettos, il n’est d’ailleurs pas seulement question de vitesse ou de provocation frontale. Leur musique est légère en apparence, volontiers ironique, nourrie autant par l’urgence punk que par une solide culture pop héritée des années 60 et par un goût certain pour les mélodies efficaces. Cette position en équilibre, ni franchement punk orthodoxe ni totalement new wave, les rend parfois difficiles à classer, mais c’est précisément ce flottement qui fait leur singularité. Ils s’inscrivent pleinement dans cette scène bordelaise foisonnante de la période, où l’énergie comptait autant que le style et où l’on pouvait encore inventer ses propres règles.

Après plusieurs 45 tours à la fin des années 1970 et un album paru en 1980, le groupe poursuit son parcours de manière plus discrète au début de la décennie suivante. C’est dans ce contexte qu’apparaît le single Lolita / Là-bas, généralement daté de 1981, même si certaines sources le situent en 1982. Autoproduit, ce disque montre un groupe arrivé à une forme de maturité, plus posé sans être assagi. Lolita s’inscrit dans une tradition pop-rock française où la fausse légèreté masque souvent une observation plus fine des relations et des désirs, tandis que Là-bas adopte un ton légèrement plus mélancolique, sans jamais sombrer dans le pathos. Le son reste direct, sans sophistication inutile, fidèle à l’économie de moyens et à l’indépendance qui caractérisent une grande partie de la production alternative de l’époque.

Les Stilettos cessent leurs activités régulières en 1984, sans véritable annonce de séparation, comme beaucoup de groupes de leur génération. Ils laissent derrière eux une discographie resserrée mais cohérente, reflet d’un moment où le rock français cherchait encore ses formes, ses mots et ses postures. Quelques reformations ponctuelles et des compilations permettront plus tard de remettre en lumière leur parcours. Aujourd’hui, des titres comme Lolita ou Là-bas résonnent toujours comme des instantanés très justes de cette période charnière : un rock à la fois élégant et coupant, à l’image de ces stilettos dont le nom promettait déjà autant le style que la piqûre.


Le tube des Stilettos

Voici le "tube" des Stilletos, ou en tous cas la raison pour laquelle j'avais acheté, à l'époque, leur album (au titre plutôt gonflé) "Les 10 Plus Grands Succès De Stilletos" sorti chez Epic !

Elle sait (ce qu'elle doit faire)

2e extrait du magnifique single des Zoquillos sorti en 1983, voici le très punk : "Ella Sabe (Lo Que Tiene Que Hacer)".

Le maxi de Flo

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le maxi 4 titres de Flo "P'tit Mec" sorti en 1984 ! 


 

Zoquillos (le clip vidéo 2)

Voici une captation live des Zoquillos. Pour être honnête, le guitariste chanteur est à la ramasse et on sent comme un malaise globale. Dommage...

Un petit inédit live de Chrissie Hynde

Vous l'avez compris, je suis très fan de Chrissie Hynde avec ou sans les Pretenders. J'ai toujours pensé qu'elle a la classe rock and rollienne. J'ai également une autre passion (un peu moins connue) pour le duo blue eyes soul, les Righteous Brothers et ce depuis que j'ai eu la chance de les voir en concert (il y a plus de 30 ans à Las Vegas). Bon, leurs faces produites par Phil Spector y sont aussi pour beaucoup. Bref, quand l'une rencontre les deux autres lors d'une reprise à l'occasion d'un benefit concert, je ne résiste pas à l'envie de partager ce moment de bravoure.

Veel, l'autre face...

 Voici "Money Grubber" l'autre face du single des Veel belges sorti en 1981 !

Zoquillos (le clip vidéo)

Zoquillos

Zoquillos appartient à cette première génération de groupes punk espagnols apparus au tout début des années 1980, à un moment où Madrid commence à se transformer sous l’effet de la Movida mais où tout reste encore fragile, improvisé et largement souterrain. Le groupe se forme dans la capitale à la charnière entre la fin des années 1970 et 1980, dans un contexte où le punk espagnol n’a pas encore de structure solide et s’invente surtout sur scène, dans les bars, les petites salles et les émissions de télévision alternatives. Zoquillos s’inscrit dans cette effervescence avec une musique directe, fortement marquée par l’influence des Ramones, mais aussi par un goût prononcé pour la pop et une certaine ironie typiquement madrilène.

Leur discographie officielle se limite à un seul disque, paru en 1983 sur le label Spansuls Records. Ce 7" – parfois présenté comme un EP selon les sources – contient notamment « Atrapado en la telaraña », le titre qui restera attaché au nom du groupe. La chanson, aussi connue sous le nom de « Nancy », se distingue par une mélodie immédiatement mémorisable et un texte simple mais évocateur, décrivant une relation obsessionnelle dont il est impossible de s’extraire. Le morceau condense parfaitement l’esthétique de Zoquillos : un punk rapide et accrocheur, sans posture radicale, mais porté par une énergie juvénile et une vraie efficacité pop. Le disque comprend également « Ella sabe (lo que tiene que hacer) » ainsi qu’une reprise de « Kung Fu Cowboy » d’Alan Vega, choix révélateur de l’ouverture du groupe à d’autres formes de musique urbaine et minimaliste.

Avant même la sortie du disque, Zoquillos bénéficie d’une visibilité inhabituelle pour un groupe punk espagnol de l’époque grâce à plusieurs passages à la télévision, notamment dans des émissions musicales de TVE. Une version de « Atrapado en la telaraña » est enregistrée pour Pista Libre et un clip est tourné dans les quartiers populaires de Madrid, ce qui contribue à ancrer le groupe dans une imagerie urbaine et générationnelle. Cette exposition médiatique reste toutefois ponctuelle et ne suffit pas à installer le groupe dans la durée. Comme beaucoup de formations de cette période, Zoquillos se heurte rapidement à des tensions internes, à des problèmes personnels et à l’absence d’une véritable industrie capable de soutenir durablement ce type de projet.

La séparation intervient peu de temps après la sortie du disque, laissant Zoquillos avec une œuvre minuscule mais marquante. Certains membres poursuivront ensuite d’autres aventures musicales, parfois plus discrètes, parfois mieux structurées, tandis que le nom du groupe entre progressivement dans la catégorie des références cultes du punk espagnol. La réédition du disque en 2007 par Munster Records, en tirage limité, confirme cet intérêt persistant de la part des collectionneurs et des amateurs d’archives de la Movida.

Aujourd’hui, Zoquillos incarne une facette essentielle du punk espagnol du début des années 1980 : celle d’un mouvement encore naïf, bricolé, mais animé par une urgence réelle et une envie de rupture. « Atrapado en la telaraña » reste le témoignage le plus direct de cette période, un morceau qui continue de circuler comme un fragment intact de l’énergie madrilène d’avant la normalisation, quand un groupe pouvait marquer durablement les esprits avec un seul disque et disparaître presque aussitôt.

Veel

Veel fait partie de ces groupes belges dont l’existence se résume presque à un seul objet, un 7" paru en 1981, et à quelques lignes disséminées dans des discographies spécialisées. Originaire de Ham, dans le Limbourg, le groupe apparaît à la toute fin des années 1970, à un moment où la scène punk belge s’est déjà fragmentée en une multitude de formations locales, souvent éphémères, actives loin des centres médiatiques de Bruxelles ou d’Anvers. Veel s’inscrit pleinement dans cette seconde vague punk, plus diffuse, plus souterraine, mais tout aussi inventive.

Leur unique sortie connue est un single publié en 1981 sur le label MIT, avec « Frustrated » et « Money Grubber ». Les morceaux sont écrits par Johan Flebus et produits par le groupe lui-même, ce qui reflète bien l’économie DIY de l’époque. Le line-up réunit Johan Flebus à la guitare, Theo Flebus à la batterie, Rudy Beyens à la basse, Harold Bochmans au chant, Ronny Swerts aux percussions et au saxophone, et Johan Van Den Broek à la trompette. Cette instrumentation, peu courante pour un groupe punk strict, laisse deviner une musique qui ne se limite pas à l’urgence minimale, mais qui s’autorise des couleurs supplémentaires, sans pour autant s’éloigner de l’énergie brute propre à la scène de l’époque.

À l’écoute, « Money Grubber » et « Frustrated » s’inscrivent dans un punk tendu, direct, marqué par un jeu rythmique sec et un chant frontal, mais enrichi par des interventions de cuivres et de saxophone qui donnent au morceau une identité singulière. Ce sont précisément ces détails qui expliquent sans doute pourquoi « Money Grubber » a été retenu, des années plus tard, pour figurer sur la compilation Bloody Belgium, consacrée à la scène punk belge de la période 1976-1981. Cette présence replace Veel dans une histoire plus large, aux côtés de groupes aujourd’hui mieux documentés, tout en rappelant combien cette scène reposait sur une multitude d’initiatives locales.

Comme beaucoup de formations punk belges de cette génération, Veel ne semble pas avoir laissé d’autres enregistrements officiels ni de traces écrites substantielles : pas d’interviews connues, pas de discographie étendue, pas de récit détaillé de concerts ou de tournées. Leur parcours s’achève peu après la sortie du single, laissant derrière lui un disque devenu rare et recherché par les collectionneurs, et quelques informations fragmentaires glanées dans des archives spécialisées.

Cette brièveté même fait partie de l’intérêt de Veel. Le groupe incarne une réalité très concrète de la scène underground belge : des musiciens qui montent un projet, jouent localement, enregistrent un disque à leurs frais ou presque, puis disparaissent sans stratégie de carrière ni volonté de postérité. Quarante ans plus tard, ce sont précisément ces trajectoires minuscules qui permettent de reconstituer, pièce par pièce, le paysage d’un punk belge foisonnant, multiple, et bien plus riche que ne le laissent penser les seuls noms restés célèbres.

Théâtre chez Cameleon Records

Cameleon Records du camarade Claude Picard a sorti en 2017 un album d'inédits de Théâtre. Une fois de plus ce magnifique label fait fort en publiant du rare de qualité. Donc rendez-vous sur le site pour plus d'infos sur la formation et la possibilité d'acheter cet album en mp3 via Bandcamp (l'édition vynil étant épuisée depuis un moment).

Ambiance Bar

 Voici "Ambiance Bar" l'autre face du single de Théâtre sorti en 1983. 

Le flexi des Closh

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le flexi des Closh paru en 1981 avec l'album "Paris Skouille-t-il ?" de Dodo et Ben Hardi.

La démo de l'enfer (2)

Voici la suite des photos confiées par le camarade Yann et qui ont été prises au Studio Amadeus à Bagnolet lors de l'enregistrement de la seconde démo des Monkey Business. Un moment pesant et difficile !






 

Théâtre dans Caca Beurk n°1 (Juin 1985)



La vidéo de Théâtre

Théâtre

Avec Théâtre, c’est tout un pan discret mais essentiel de la new wave normande qui se dévoile. Une histoire de lycée, de répétitions acharnées, de concerts régionaux, d’un 45 tours devenu rare et d’une aventure musicale menée avec l’insouciance, puis les doutes, de la vingtaine.

Théâtre voit le jour en 1978 au lycée Sorel de Honfleur. À l’origine du projet, Philippe Gris au chant et à la guitare, Philippe Legrand à la basse et Marcel Oliviera à la guitare. Comme beaucoup de groupes de l’époque, tout commence dans les salles de classe et se prolonge dans les locaux de répétition, avec l’envie d’écrire des morceaux et de les enchaîner comme sur scène. Il faut attendre 1980 pour que le groupe se dote d’un batteur, venu de Paris. Les répétitions s’intensifient, le répertoire se structure et Théâtre s’inscrit naturellement dans une esthétique new wave et post-punk alors en pleine effervescence.

Le premier concert a lieu à la fin de l’année 1981 à l’École Normale de Caen. Le chiffre reste gravé dans les mémoires : cent vingt entrées payantes, première recette et premier vrai signe que le groupe existe au-delà du cercle des proches. En 1982, Stéphane Habourdin prend place derrière les fûts. C’est avec lui que Théâtre enregistre quatre morceaux au studio Mélody Music. Les dates sont parfois difficiles à trouver, mais le groupe enchaîne concerts et démarches promotionnelles avec l’énergie et l’insouciance de ses vingt ans.

En février 1983, Théâtre retourne en studio et met en boîte cinq nouveaux titres. Deux d’entre eux sont gravés sur un 45 tours autoproduit, tiré à mille exemplaires : "Ambiance Bar" et "NP/AD". Ce disque marque un tournant. Pour la première fois, le groupe se confronte à la réalité de l’investissement à consentir, au temps à consacrer à la musique et à la question, jamais simple, de la suite à donner à l’aventure.

À la suite de ce single, Marcel Oliviera et Jean-Noël Fouret quittent le groupe. Dans le même temps, Eric Morin est appelé sous les drapeaux. Malgré cette période instable, Théâtre est filmé dans les locaux de FR3 Normandie, signe d’une reconnaissance régionale rare pour un groupe issu de l’underground. C’est à ce moment-là que Tonio Serrano rejoint l’aventure.

En 1984, Théâtre enregistre le titre "Film Noir" pour la compilation 13 Rock à Caen, témoignage précieux de la scène rock locale. La même année, sept nouveaux morceaux sont mis sur bande. Pourtant, les promesses de disques qui ne verront pas le jour et des concerts qui finissent par tourner en rond provoquent une lassitude progressive. Eric Morin quitte définitivement le groupe. Peu après, Philippe Legrand s’en va à son tour, remplacé à la basse par Richard Courcy.

Malgré cette nouvelle configuration, l’élan s’essouffle. Théâtre tire finalement sa révérence en 1987, après un dernier concert donné à Orléans. La discographie est mince, la reconnaissance nationale absente, mais la trace laissée est bien réelle. Aujourd’hui encore, le 45 tours Ambiance Bar / NP/AD circule de main en main chez les collectionneurs et amateurs de new wave et de post-punk français, rappel discret mais tenace de la richesse de la scène normande du début des années 1980.

Le single de Fist

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le single de Fist sorti en 1982 !