Une pub pour Clap Machine dans Best en 1983


Clap Machine

En 1982, Clap Machine publie chez Mankin Records, en association avec Virgin, un maxi 45 tours intitulé « Troublez-moi ce soir ». Un disque assez mystérieux, dont la carrière semble s'être arrêtée presque aussitôt commencée, mais qui mérite le détour pour son inscription dans la galaxie new wave française gravitant autour de Daniel Darc et de Taxi Girl.
 
Le label Mankin occupe alors une place particulière dans le paysage musical français. Né dans le sillage de Taxi Girl et distribué par Virgin, il accueille plusieurs formations aux sensibilités différentes, d'Oberkampf à Radio Romance, en passant par Civils et État Major. Daniel Darc, chanteur de Taxi Girl, y développe également son activité de producteur et d'auteur. Le label constitue ainsi une petite zone de liberté pour des groupes qui cherchent à s'écarter des chemins balisés de la variété française.
 
Clap Machine s'inscrit dans cette histoire avec « Troublez-moi ce soir », un morceau écrit par Daniel Rozoum, le véritable nom de Daniel Darc, et Morenton. Darc assure également la production du disque. La pochette est signée Serge Clerc, dessinateur emblématique de la bande dessinée rock, dont le trait a notamment accompagné l'imaginaire graphique de la scène musicale de cette époque.
 
Musicalement, Clap Machine s'oriente vers une synth-pop électronique, froide et dansante, où les machines occupent une place centrale. Les crédits disponibles mentionnent Lem au chant et à la batterie, Alain Turner aux synthétiseurs Jupiter, Prophet-5 et ARP, ainsi qu'à la programmation des séquences, et Eric Images à la programmation et à la basse. Une formation dont l'instrumentarium témoigne de l'intérêt croissant des musiciens français pour les possibilités offertes par les synthétiseurs et les rythmiques électroniques au début des années 1980.
 
« Troublez-moi ce soir » décrit un personnage désœuvré, enfermé dans une existence où le matin ne sert à rien et où les heures semblent se succéder sans véritable raison. Derrière cette apparente indifférence, le refrain exprime pourtant un désir de rupture : être dérangé, sortir de l'inertie, voir quelque chose arriver enfin. Le texte joue sur cette contradiction entre l'isolement et l'attente d'une présence extérieure. Une tonalité mélancolique qui s'accorde assez naturellement avec l'univers de Daniel Darc.
 
Le maxi paraît sous la référence 600 563. Il propose « Troublez-moi ce soir » en face A, suivi en face B de « Burning and Flying » et de « Dancing ». Une édition en 45 tours simple existe également, sous la référence 104 724, avec « Burning and Flying » en face B. Les deux formats témoignent d'une volonté de donner au projet un peu plus de consistance qu'un simple essai isolé, même si l'on ne dispose pas d'informations précises sur d'éventuelles prestations scéniques ou sur la suite de l'aventure.
 
Clap Machine demeure aujourd'hui une formation peu documentée, essentiellement connue pour ce disque. Impossible, en l'état des sources disponibles, de retracer précisément son histoire ou de savoir ce que sont devenus ses membres. Mais « Troublez-moi ce soir » constitue un témoignage intéressant de cette période où la new wave française se ramifiait en une multitude de projets parfois éphémères. Dans l'ombre de Taxi Girl, Daniel Darc continuait d'explorer d'autres territoires musicaux et de prêter sa plume à des formations moins exposées. Clap Machine fait partie de ces traces discrètes, conservées dans les sillons d'un maxi aujourd'hui difficile à croiser.
 

Le flexi des Garçons Ordinaires

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le flexi 3 titres des Garçons Ordinaires sorti en 1992.

Crossfire

 2e extrait du single de Foreign Press sorti en 1979, voici "Crossfire".
 

Ville

2e extrait du mystérieux maxi 4 titres d'Alibi, voici "Ville" une chanson au tître d'une extrême sobriété.
 

La Soirée Abrasive

Le 3 Octobre dernier, nous avons organisé une soirée "abrasive" (soutenue par notre label), avec 3 groupes. L'évènement se situait à la Bicyclette à Montreuil. Le show avait mal débuté en découvrant que la sono n'avait pas de retours. Mais une fois les contraintes posées, les 3 groupes se sont bien entendus et ont su s'adapter : Jean_Marc (avec votre serviteur au clavier et 2 autres ex-Monkey Business), Demolition Party (avec Franck et Dgé, anciens Cérémonies) puis Re//fuse avec Toto (ex Seaton) à la guitare. L'ambiance était à la bonne humeur et le public (plutôt nombreux) a soutenu les 3 groupes jusqu'au bout. Un bon moment de rock and roll... 


 

L'autre face de 3 Imaginay Boys

Voici "Let It Go" aux tonalités mods telles que certains groupes anglais le pratiquaient à l'époque. Un son plutôt sec et brut comme on l'aime ! 
 

Alibi

En 1985, Alibi publie un maxi 45 tours quatre titres sur le label français Divine, sous la référence MAD 1020. Un disque aujourd’hui plutôt discret, qui appartient à cette vaste collection de productions françaises des années 80 dont on retrouve parfois la trace au détour d’une recherche discographique, sans que l’histoire du groupe ait laissé beaucoup d’autres indices.
 
Au programme, « Les Cartes », « Ville », « Hagard » et « Take Care », quatre morceaux qui s’inscrivent dans le territoire de la new wave et de la synth-pop. La formation repose sur Terry au chant et aux synthétiseurs, Thierry à la guitare, Steph à la basse et Fred à la batterie électronique Linn. Une instrumentation typique de l’époque, qui associe les sonorités synthétiques alors en pleine expansion à une structure de groupe rock plus traditionnelle.
 
Les crédits du disque révèlent toutefois une production plus étoffée que ne le laisserait supposer cette formation de quatre musiciens. Chris et L. Bourgeon interviennent aux synthétiseurs, Ken et Manu aux guitares, Nath aux chœurs, tandis que F. Driay apporte le saxophone et M. Bauer les percussions. Cette dernière est Mireille Bauer, musicienne notamment connue pour son travail avec le groupe Gong. Autant de contributions qui donnent à ce maxi une dimension collective et suggèrent un travail d’arrangement assez conséquent pour quatre titres dont la durée totale dépasse à peine les dix minutes.
 
Le disque est distribué par Madrigal, dont le nom apparaît dans les crédits, et fabriqué avec le concours de Glory pour l’impression. Divine assure les droits phonographiques et éditoriaux. Autant de mentions qui permettent de replacer cette sortie dans le circuit professionnel du disque français, même si les informations disponibles ne permettent pas de reconstituer précisément les circonstances de sa production ni le parcours de ses musiciens.
 
Le maxi semble être la seule publication connue d’Alibi. On ne dispose pas, à ce stade, d’informations suffisamment solides sur les origines du groupe, ses éventuels concerts ou les raisons de sa disparition. Il serait donc hasardeux d’en faire le récit d’une aventure éclair sans autre preuve que l’absence d’autres disques répertoriés.
 
Reste cet unique témoignage vinyle, quatre titres gravés en 1985, entre synthétiseurs, batterie électronique, guitare et saxophone. Une référence de plus dans les marges de la production new wave française, où des groupes ont parfois laissé derrière eux un seul disque, quelques noms dans une base de données et bien des questions sans réponse.
 

Le single de The Names

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le single 3 titres des The Names sorti en 1980 !  


 

3 Imaginary Boys

En 1981, trois musiciens du Gloucestershire sortent un 45-tours sous le nom de 3 Imaginary Boys. Le disque, qui associe « Let It Go » et « Against The World », semble avoir laissé peu de traces dans l’histoire du rock britannique. Pas de carrière discographique abondante, pas de postérité manifeste, mais un petit vinyle qui mérite qu’on s’y arrête, notamment pour sa face B, particulièrement recommandée par les rares amateurs qui se sont penchés sur la question
 
Le groupe est originaire de Cinderford, une petite ville du Forest of Dean, dans le Gloucestershire. Il réunit Oliver « Ollie » Cherer au chant, à la guitare et aux claviers, Steve « Studge » Worgan à la basse et au chant, et Mark « Wog » Worgan à la batterie et au chant. Ce dernier avait auparavant joué dans Trial Offer, une formation qui semble avoir disparu au moment où 3 Imaginary Boys fait son apparition. Steve Worgan poursuivra, lui, son parcours musical au sein de The Dirk Spangle Five. Autant dire que l’on se trouve ici dans les marges d’une scène locale dont les archives n’ont pas nécessairement bénéficié de l’attention accordée aux groupes les plus célèbres de la période.
 
Le nom de 3 Imaginary Boys évoque évidemment Three Imaginary Boys, le premier album de The Cure, publié en 1979. La proximité chronologique rend le rapprochement tentant, même si rien ne permet d’affirmer qu’il s’agit d’un hommage délibéré. Deux ans après la sortie du disque de Robert Smith et de ses acolytes, le rock britannique continue de se transformer. Le punk a déjà bouleversé les habitudes, la new wave multiplie les combinaisons et le mod revival remet au goût du jour les guitares nerveuses, les mélodies accrocheuses et une certaine élégance pop. C’est dans ce paysage que se situe le 45-tours de 3 Imaginary Boys, entre punk mélodique et power pop, avec des affinités avec le mod revival.
 
Pour enregistrer ses deux morceaux, le trio se rend aux Loco Studios, à Llanhennock, près d’Usk, au pays de Galles. Le disque paraît en 1981 sous la référence GFI 007. « Let It Go » occupe la face A, tandis que « Against The World » se retrouve au verso. Cette dernière semble avoir particulièrement retenu l’attention des rares chroniqueurs qui ont évoqué le single. Dans un univers où les groupes indépendants peuvent publier un disque sans jamais parvenir à dépasser le cercle de leur entourage immédiat, cette recommandation suffit à donner envie de retourner le 45-tours.
 
La suite de l’histoire reste incertaine. Les discographies accessibles ne signalent pas d’autre publication sous le nom de 3 Imaginary Boys. Il serait hasardeux d’en conclure que le groupe n’a rien enregistré d’autre ou qu’il s’est séparé immédiatement après la sortie du single. On sait seulement que ses membres ont poursuivi, au moins pour certains, leurs activités musicales dans d’autres formations. Le reste appartient à ces zones grises de l’histoire du rock indépendant britannique, où quelques noms, une référence de catalogue et deux titres constituent parfois l’essentiel des archives disponibles.
 
Avec son unique 45-tours répertorié, 3 Imaginary Boys incarne ainsi une catégorie familière aux collectionneurs : celle des groupes dont la carrière semble se résumer à un disque, mais dont l’existence témoigne de l’extraordinaire vitalité des scènes locales anglaises au tournant des années 1980. Des formations apparaissent, enregistrent deux chansons, pressent quelques exemplaires et disparaissent des radars, tandis que leurs disques continuent de circuler discrètement, plusieurs décennies plus tard, de collectionneur en collectionneur. Dans le cas de 3 Imaginary Boys, il reste deux titres, un nom qui rappelle peut-être The Cure et une énigme musicale que les archives disponibles ne permettent pas encore de résoudre complètement.
 

Plaisir Solitaire

En 1984, Plaisir Solitaire fait partie de ces groupes français qui tentent leur chance avec les moyens du bord. Originaire de Tourcoing, le groupe publie cette année-là un 45 tours autoproduit réunissant « Guerre perpétuelle » et « Les Armées de demain », deux titres qui donnent immédiatement une couleur assez particulière au disque.
 
Pourtant, Plaisir Solitaire ne se résume pas à ces deux chansons. Le groupe est alors constitué de Frank à la batterie, de son frère Karl au chant et à la guitare, de Maixent à la basse et au chant et d'Opritchnick à la guitare et au chant. Une formation à plusieurs voix qui dispose déjà d'un répertoire suffisamment étoffé pour ne pas avoir à s'en remettre uniquement aux morceaux du 45 tours. Sur scène figurent notamment « La Parisienne », « Les Armées de demain », « Les Chinois à Moscou », « Sur les Trottoirs » et « Rien à Redire ».
 
Après une période d'arrêt, Plaisir Solitaire reprend les concerts et se fait notamment remarquer à Lille, où le groupe se produit à la Boîte à Musique. Son rock est alors décrit comme frais et dynamique, avec des références qui vont de Starshooter à Téléphone. Quelques semaines auparavant, le groupe avait remporté le Festival de Tourcoing, organisé le 25 novembre 1984 devant un jury de 600 personnes. Pour un groupe autoproduit encore loin des circuits de l'industrie discographique, le parcours est plutôt encourageant.
 
Le contenu du 45 tours va cependant contribuer à lui coller une étiquette dont Plaisir Solitaire cherche manifestement à se débarrasser. Avec « Guerre perpétuelle » et « Les Armées de demain », difficile de ne pas voir dans le groupe une formation particulièrement préoccupée par les questions militaires ou politiques. Pourtant, les autres morceaux du répertoire montrent une palette beaucoup plus large. Les deux titres du single correspondent surtout à une période précise dans l'écriture du groupe et ne constituent pas nécessairement son programme musical.
 
Cette volonté de ne pas être enfermé dans une catégorie se retrouve aussi dans la musique. Plaisir Solitaire se revendique avant tout comme un groupe de rock et regarde avec une certaine distance la multiplication des étiquettes qui accompagne alors les différentes scènes : new wave, rock, psychédélisme et autres chapelles. Les influences sont à chercher du côté des Who, des Rolling Stones, des Beatles, mais aussi des groupes apparus après 1977. Une culture rock assez large, donc, plutôt qu'une volonté de reproduire un courant précis.
 
Le groupe évolue à une époque où la situation des jeunes formations françaises n'est pas forcément simple. Après l'explosion punk et new wave de la fin des années 70, les maisons de disques se montrent plus prudentes. Les groupes qui arrivent après la première vague doivent se battre pour attirer leur attention, alors que l'industrie a déjà largement cherché ses nouveaux Téléphone. Pour Plaisir Solitaire, l'autoproduction constitue donc autant une nécessité qu'une manière de tenter d'exister sans attendre qu'une maison de disques vienne frapper à la porte.
 
Sur scène, le groupe défend une conception énergique du rock mais pas forcément associée à la violence gratuite. L'énergie, le mouvement, le défoulement : oui. La baston et les débordements : beaucoup moins. L'objectif reste finalement celui de beaucoup de groupes de cette époque : jouer fort, jouer devant du monde et faire en sorte que le public passe un bon moment.
 
Le nom lui-même participe à cette volonté de ne pas trop se prendre au sérieux. Plaisir Solitaire n'a pas vocation à cacher un concept compliqué ou une quelconque théorie. Le groupe y voit surtout une petite provocation, suffisamment ambiguë pour laisser chacun lui donner le sens qu'il souhaite.
 
Après ce 45 tours, les traces de Plaisir Solitaire deviennent malheureusement beaucoup plus difficiles à suivre. Pas d'album qui permette de prolonger l'expérience, pas de discographie abondante et, semble-t-il, pas de véritable passage dans les circuits professionnels qui aurait permis au groupe de laisser une empreinte plus importante.
 
Il reste donc ce petit 45 tours autoproduit de 1984, enregistré par un groupe de Tourcoing qui avait déjà quelques concerts, un festival remporté et suffisamment de chansons pour envisager la suite. « Guerre perpétuelle » et « Les Armées de demain » donnent aujourd'hui une image forcément incomplète de Plaisir Solitaire. Deux titres qui ont probablement davantage contribué à définir le groupe dans l'esprit de ceux qui l'ont découvert que les musiciens eux-mêmes ne l'auraient souhaité. Et une nouvelle trace de cette multitude de groupes français qui, au début des années 80, ont sorti un disque, joué quelques concerts et puis se sont presque entièrement volatilisés.
 

Le 1er single d'O Veux

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le 1er single 4 titres des belges d'O Veux ! 

Foreign Press, épisode 2

J’avais déjà publié quelque chose sur ce groupe mancunien, mais en fouillant un peu plus loin dans leur discographie, je suis retombé sur leur tout premier 45 tours, sorti en 1979 : Downpour / Crossfire / Behind The Glass. Et comme Bouloup a une fâcheuse tendance à revenir sur ses propres traces dès qu’un disque intéressant traîne dans les parages, autant en remettre une couche.
 
Foreign Press vient de Manchester et débarque au moment précis où le punk commence déjà à chercher la sortie de secours. Formé par d’anciens membres d’Emergency, le groupe conserve quelque chose de l’urgence punk tout en ajoutant des guitares plus aérées, une rythmique sèche et quelques ambiances suffisamment étranges pour que le post-punk ne soit jamais très loin.
 
Le 45 tours est enregistré au Cargo Studios de Rochdale et coproduit par Rob Gretton, alors DJ au Rafters. Quelques années plus tard, son nom deviendra nettement plus célèbre puisqu’il prendra en charge le management de Joy Division puis de New Order. John Peel et Peter Powell passeront également les morceaux à la BBC, tandis que le NME s’intéressera au groupe. Pour un petit 45 tours indépendant de 1979, le carnet d’adresses n’est donc pas exactement ridicule.
 
Mais Foreign Press ne connaîtra jamais la trajectoire de certains de leurs voisins mancuniens. Pas de grande carrière, pas de légende Factory, pas de disque devenu incontournable que l’on ressortira régulièrement pour expliquer que tout était déjà là.
 
Et c’est justement ce qui rend ce 45 tours intéressant aujourd’hui. Trois morceaux coincés quelque part entre punk, post-punk, rock et atmosphères un peu troubles, enregistrés à une époque où Manchester était en train de devenir l’un des endroits les plus excitants du Royaume-Uni.
 
J’avais donc déjà parlé de Foreign Press. Mais visiblement, je n’avais pas encore parlé de celui-là.
 

Adolf' Umanchu

 Voici l'autre face du 1er single de Nuit Blanche sorti en 1983 !
 

Nuit Blanche dans Pantoufl' Rock (1985)


Le single d'Ultime Possibilité

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le single d'Ultime Possibilité sorti en 1988.
 

 

Le clip de Nuit Blanche

 Voici le clip de "Toujours Envie" le 2e single de Nuit Blanche sorti en 1985.

Nuit Blanche

Nuit Blanche se forme en juin 1982, à l’occasion de la première Fête de la musique. Les musiciens ne se connaissent pas vraiment avant de se retrouver dans le groupe : certains se rencontrent par petites annonces, dont Michel, le batteur. Une manière assez peu romantique de constituer un groupe, mais qui va plutôt bien fonctionner. Pour leur premier concert, le 23 juin 1982, Nuit Blanche se retrouve devant près de 4 000 personnes. Pas vraiment le genre de début discret que l’on pourrait attendre d’une formation encore inconnue.
 
Le groupe s’installe rapidement dans le paysage parisien avec une musique qu’il décrit lui-même comme mélodieuse et rythmée, mais difficile à enfermer dans une catégorie précise. Le nom Nuit Blanche pourrait laisser imaginer quelque chose de sombre, voire dépressif. Les intéressés s’en défendent : il n’y a pas de raison particulière derrière ce choix, si ce n’est que quelques personnes avaient imaginé qu’ils faisaient de la musique triste. « C’est complètement faux », expliquent-ils quelques années plus tard. Le nom est simplement venu comme ça.
 
La formation connaît quelques changements au cours de ses premières années, principalement au niveau du saxophone. En 1986, le groupe en est déjà à son troisième saxophoniste, considéré cette fois comme définitif. Pour le reste, la formation serait restée relativement stable depuis les débuts. Nuit Blanche revendique d’ailleurs une véritable conception collective du groupe. Il n’y a pas de compositeur attitré : tout le monde participe à l’écriture, aussi bien pour la musique que pour les paroles. La guitare sert souvent de point de départ, mais les morceaux se construisent ensuite à plusieurs. Une méthode qui n’est pas toujours de tout repos, les désaccords étant évidemment plus nombreux lorsque plusieurs personnes doivent tomber d’accord, mais qui correspond parfaitement à leur conception du groupe.
 
Leurs chansons ne répondent pas non plus à une ligne directrice très précise. Les membres viennent d’horizons différents et considèrent leurs morceaux comme une sorte de condensé de ces expériences. Ils se méfient notamment des chansons trop ouvertement démonstratives ou porteuses d’un message. Ils préfèrent les histoires, les voyages, les situations un peu surréalistes et les textes qui laissent aux auditeurs la possibilité de se faire leur propre idée. Une approche qui permet de comprendre un peu mieux des titres comme « Nuit Blanche » ou l’étrange « Adolf'umanchu ».
 
Nuit Blanche entretient très tôt des relations avec les studios WW installés quai de la Gare à Paris. Le groupe explique avoir été l’un des premiers à y jouer, avant même la création de la fameuse compilation WW.  C’est d’ailleurs par ce biais qu’il se retrouve sur cette compilation, avec notamment « Living Stone », qui devient selon eux leur morceau le plus diffusé sur les radios. Cette expérience débouche sur un 45 tours en 1983, « Nuit Blanche / Adolf'umanchu », publié par les disques WW. Deux titres qui témoignent de cette période où une multitude de groupes français enregistrent dans des conditions souvent artisanales et tentent de profiter des nouvelles structures qui apparaissent autour de la scène rock indépendante.
 
Mais Nuit Blanche ne se contente pas de ce premier 45 tours. En 1985, le groupe enregistre de nouveaux morceaux et, au printemps 1986, un maxi trois titres est terminé, pochette comprise. Il ne reste théoriquement plus qu'à le presser. Dans l'interview publiée dans le premier numéro de Bloodi Rock en juin 1986, les musiciens racontent avec une certaine philosophie leurs rapports avec les maisons de disques. Le disque aurait dû sortir rapidement, mais les délais s’allongent. Ils ont pourtant déjà présenté leurs morceaux à de nombreux interlocuteurs et obtenu des avis plutôt encourageants. Le groupe précise cependant ne pas avoir voulu transformer sa musique en produit excessivement commercial et avoir fini par mettre un terme à cette course au contrat.
 
Nuit Blanche va finalement poursuivre son parcours discographique. En 1988 paraît chez CBS, sous le label Griffe, un nouveau 45 tours, « Européenne avenue / Infidèle ». Entre le premier disque chez WW et cette sortie chez une major, six années se sont écoulées depuis la formation du groupe. Six années pendant lesquelles Nuit Blanche aura connu les scènes parisiennes, plusieurs saxophonistes, les studios WW, une compilation, un 45 tours, un maxi annoncé puis une nouvelle étape discographique chez CBS.
 
Une trajectoire finalement assez représentative de ces groupes français du début des années 80 qui pouvaient passer de la débrouille des petites annonces et des studios indépendants aux catalogues des grandes maisons de disques sans pour autant renoncer complètement à leur fonctionnement collectif. Avec son étrange « Adolf'umanchu », son écriture à plusieurs mains et ses chansons aux contours parfois surréalistes, Nuit Blanche reste aujourd’hui l’un de ces groupes dont un unique 45 tours suffit à donner envie de chercher ce qu’il y avait derrière.
 

Mary Goes Round

À la fin des années 1980, Mary Goes Round se forme autour de Jérôme Avril et Cécile Balladino et commence son parcours sous le nom de Red Light. Leur première apparition scénique a lieu en 1986 au Rex Club, en première partie de Sonic Youth. Le groupe évolue ensuite vers une formule plus dépouillée et apparaît sur les compilations Unreleased avec The Shelter en 1987 puis The Nightmare en 1988.
 
C'est finalement sous la forme d'un duo composé de Jérôme Avril et Cécile Balladino que Mary Goes Round enregistre Sunset. Les sessions commencent à la fin de 1988 et se poursuivent au début de l'année suivante au Studio du Val d'Orge, à Épinay-sur-Orge. Le studio appartient alors à Jean Taxi, et ce nom fera peut-être écho à certains lecteurs de Bouloup : c'est également dans ce studio que Monkey Business et Stereo Child, deux groupes de l'underground parisien de l'époque, ont enregistré leurs démos. Un petit point de rencontre entre plusieurs histoires musicales qui, à l'époque, n'avaient évidemment pas vocation à se retrouver dans les mêmes pages.
 
Sunset sort en 1989, d'abord sous la forme d'un mini-LP autoproduit de sept titres distribué par New Rose. On y trouve notamment Mary Sleeps Alone, Dark Times, The Night, The Promised Land, The Great Desire, Sunset et Teardrops Again. Une édition CD publiée par la suite ajoutera cinq morceaux, parmi lesquels The Nightmare, Mary in the Sky, On the Sea, The Shelter et Another Sunset.
 
La musique de Mary Goes Round repose sur un mélange de guitares mélodiques, de claviers, de rythmiques électroniques et d'atmosphères crépusculaires. La cold wave est bien présente, mais le groupe ne se contente pas d'en appliquer les recettes. Certains morceaux possèdent une dimension plus pop ou psychédélique, avec des mélodies qui viennent adoucir les ambiances sombres. Mary Goes Round se retrouve ainsi à proximité de groupes comme Asylum Party ou Little Nemo, tout en conservant une personnalité propre. Le groupe évolue dans cette scène française de la fin des années 80 où post-punk, new wave, cold wave et pop indépendante se croisent régulièrement.
 
Avec son premier disque, Mary Goes Round laisse le souvenir d'un groupe qui avait trouvé un équilibre assez personnel entre mélodies pop, guitares, claviers et atmosphères plus sombres. Sunset reste surtout l'un de ces disques qui permettent de replonger dans une scène française de la fin des années 80 beaucoup plus riche qu'on ne pourrait l'imaginer aujourd'hui, avec ses petits labels, ses compilations, ses studios et tous ces groupes qui enregistraient parfois quelques morceaux sans savoir quelle place ils occuperaient, ou non, dans l'histoire.
 
La suite de l'histoire va cependant assez rapidement éloigner Mary Goes Round de l'atmosphère la plus ouvertement cold wave de ses débuts. Quelques mois seulement après Sunset, le groupe publie 70 Suns in the Sky chez Lively Art. Sorti en novembre 1989, ce premier véritable album aligne notamment Mary's Garden, On My Way Back Home, Useless Day, Clouds & Clouds, Who Believes in Better Days?, Eagle, Any Mary I See, Nightfall et Kiss Me Love. Le disque reste ancré dans la new wave, mais le groupe y affirme déjà une envie de sortir du cadre. Les guitares prennent davantage de place, les rythmiques se font plus nerveuses et certaines chansons lorgnent franchement vers le rock. La reprise du Nile Song de Pink Floyd donne également une indication sur cette volonté d'aller voir ailleurs.
 
En 1990, Mary Goes Round poursuit dans cette direction avec le maxi Hot Shot in Space, avant de publier Highway Planet. Ce dernier disque accentue encore le côté rock du groupe. Mary Soul Damage, Is Mary Magic?, Orange Car, Shut Up and Die ou Kiss and Kill montrent un groupe qui s'éloigne progressivement de l'image cold wave qui lui est souvent accolée aujourd'hui. Même si les claviers et certaines atmosphères restent présents, le son devient plus direct et plus électrique.
 
En 1991 paraît Mary in Wonderland, dernier album du groupe. Cette fois, l'évolution est particulièrement nette. Mary Goes Round semble vouloir assumer davantage le côté rock de sa musique, avec une approche plus brute qui tranche avec les premières productions. Rock Made in France évoque même un rapprochement avec le garage rock des Troggs. Cette évolution explique peut-être aussi pourquoi il est finalement assez réducteur de résumer Mary Goes Round à la seule scène Touching Pop : le groupe n'a cessé de déplacer ses propres frontières au fil des disques.
 
L'aventure s'arrête en 1993 avec le départ de Cécile Balladino. Dans une interview publiée en 2011, elle explique qu'elle avait commencé à avoir envie d'autre chose depuis plusieurs mois et qu'elle préférait arrêter plutôt que d'enregistrer un nouvel album avec le sentiment que l'énergie des débuts n'était plus là. Jérôme Avril tente alors de poursuivre, mais un concert suffit finalement à montrer que la formule ne fonctionne plus de la même manière. Mary Goes Round disparaît ainsi après quelques années seulement, laissant derrière elle quatre albums, un maxi et une poignée de titres qui auront accompagné une partie de la scène alternative française de la fin des années 80 et du début des années 90.
 
L'histoire ne s'arrête pourtant pas complètement pour Jérôme Avril. Il poursuit ensuite son activité musicale sous le nom de Brachko. Le catalogue de Mary Goes Round a par ailleurs été réédité en 2007 par Infrastition sous la forme de deux doubles CD, Way to Wonderland et Way Back Home. Plus récemment, Avril a remis en ligne une partie importante du catalogue, permettant de retrouver Sunset, 70 Suns in the Sky, Highway Planet et Mary in Wonderland, mais aussi des enregistrements plus tardifs associés à Brachko.
 
Avec le recul, la trajectoire de Mary Goes Round est donc peut-être plus intéressante que la simple étiquette « cold wave française » souvent utilisée pour les présenter. Parti d'une scène où les guitares froides, les claviers et les boîtes à rythmes étaient encore largement associés à la new wave, le groupe s'est progressivement dirigé vers un rock plus affirmé avant de disparaître. Sunset constitue le point de départ de cette histoire, mais les disques qui suivent montrent surtout un groupe qui cherchait encore sa direction au moment même où il commençait à être identifié.
 

Cone Blanc

Quel étrange tître pour une chanson. Voici "Cone Blanc" extrait du premier long des fabuleux Dazibao sorti en 1986 !
 

Das Kabinette sur le site de Minimal Wave Records

J'ai trouvé ce texte sur le site du très bon label Minimal Wave Records. Je l'ai traduit en français pour plus de facilité !
 
"Alors que nous étions étudiants au Blackpool Art College en 1981, Dave, Craig et moi-même (Mick) avons rapidement découvert que nous partagions deux passions : la musique et les vieux pubs anglais. En peu de temps, notre logement étudiant commun s’est retrouvé encombré d’instruments, sous un véritable nid de câbles et de matériel d’enregistrement. Plus tard, armés de nos chèques de bourse étudiante durement gagnés, nous avons réservé des heures d’enregistrement au Sunset Sound Studios, le studio local. En mélangeant synthétiseurs et boîte à rythmes avec des guitares, DAS KABINETTE est né.
 
Notre deuxième passage en studio, en 1983, a donné naissance à « The Cabinet » ainsi qu’à une version remixée de « Fudge It » (une expression utilisée à l’université pour dire « tricher »). Nous étions tous les trois fascinés par « Le Cabinet du docteur Caligari », avec son histoire tortueuse de folie et ses images inoubliables, et c’est ce thème que nous avons repris pour notre démo. Dave a réalisé la pochette et Craig s’est chargé de faire presser 500 exemplaires vinyle du single sur notre propre label, Klosette Records. Pendant plusieurs mois, nous avons proposé « The Cabinet » aux DJ de clubs et de radios et envoyé des exemplaires à des départements A&R qui se sont, pour la plupart, montrés peu réceptifs. Nous avons toutefois trouvé une alliée en la personne de Janice Long, de BBC Radio 1, qui l’a diffusé à plusieurs reprises.
 
Au fil des années qui ont suivi, d’innombrables histoires nous sont parvenues au sujet de la popularité légendaire de « The Cabinet », qui a mystérieusement circulé à travers l’Europe d’une manière que nous n’aurions jamais pu imaginer.
 
Une vidéo universitaire primitive, autoproduite, du morceau est disponible sur YouTube. L’amie de la fac qui joue le rôle de « Jane » dans la vidéo est devenue, peu après le tournage, la compagne de longue date de Gary Numan. Après avoir entendu une autre de nos démos, il nous a invités à enregistrer notre session suivante au Rock City Studio de Shepperton, aux débuts de son label Numa.
 
Après avoir quitté l’université, désormais munis d’emplois à temps plein et de salaires réguliers, nous avons continué à enregistrer de manière sporadique aux Cavalier Studios, près de Manchester. Un album complet, « Sexual Desert », a finalement vu le jour en 1986, mais il n’est toujours pas sorti à ce jour.
 
Avec l’arrivée de matériel plus moderne et de l’échantillonnage, nous avons senti que notre musique s’éloignait progressivement de l’identité de Das Kabinette. En 1987, nous sommes donc devenus DANGEROUS GROUND.
 
Le groupe a sorti trois singles sur son propre label, DG Records, distribués par Rough Trade. Nous avons tourné un clip pour le morceau « Big Fun », qui a été diffusé à de nombreuses reprises sur MTV à travers l’Europe et que l’on peut également trouver sur YouTube. Un clip pour « Unfaithfully Yours », réalisé à une époque où cette technologie n’en était qu’à ses débuts, a été présenté comme le premier clip vidéo en 3D au monde — contrairement à ce que prétend la « connaissance populaire ».
 
Une apparition dans la célèbre mais malheureuse Radio Luxembourg, ainsi qu’une session pour BBC Radio 1 avec le légendaire « Whispering » Bob Harris, ont marqué la fin de cette incarnation du groupe. Enregistré aux Charlotte Street Studios de Londres et mixé aux Amazon Studios de Liverpool, l’album « The Pleasure & the Pain » reste lui aussi inédit à ce jour.
 
Pour le plaisir, Dave et moi continuons à enregistrer quantité de projets solo ainsi que des morceaux ensemble sous le nom de MUTANT SUITS, simplement pour le plaisir de créer de nouvelles musiques, une activité qui ne cesse de nous enthousiasmer. Les trois membres originaux de Das Kabinette sont toujours les meilleurs amis du monde et, le week-end venu, nous nous adonnons régulièrement à notre autre passion : le pub."

 

Fudge It

Voici l'autre face du single des Das Kabinette ! 
 

Living Colour

À la fin des années 80, Living Colour arrive de New York avec une drôle de façon de faire du rock. Pas vraiment hard rock, pas vraiment funk, pas vraiment punk, pas vraiment metal, pas vraiment jazz et certainement pas assez sage pour entrer dans une seule case. Derrière ce mélange, on trouve le guitariste Vernon Reid, musicien de la scène expérimentale new-yorkaise et l'un des fondateurs de la Black Rock Coalition, Corey Glover au chant, Muzz Skillings à la basse et Will Calhoun à la batterie. Un groupe qui, à une époque où le rock grand public reste largement dominé par des musiciens blancs, va rapidement se retrouver sous les projecteurs.
 
Formé en 1984, Living Colour se fait d'abord les dents dans les clubs new-yorkais, notamment au CBGB's. C'est là que le groupe développe ce son difficile à définir qui deviendra sa marque de fabrique : des riffs lourds, une section rythmique très funk, des influences jazz, des accélérations punk, quelques incursions dans le rap et une bonne dose d'expérimentation. Le groupe attire finalement l'attention de Mick Jagger, qui assiste à plusieurs de leurs concerts. Il produit une première démo et contribue à leur permettre de signer chez Epic.
 
Le premier album, Vivid, paraît en 1988 et va transformer un groupe de clubs new-yorkais en phénomène national. L'album mélange hard rock, funk, metal, soul, punk, reggae et hip-hop sans avoir l'air de demander la permission à qui que ce soit. Mick Jagger participe d'ailleurs au disque, notamment aux chœurs et à l'harmonica. Mais c'est surtout Cult of Personality qui va faire entrer Living Colour dans une autre dimension. Avec son énorme riff de guitare, son groove élastique et le chant de Corey Glover, le morceau devient un succès et atteint la 13e place du Billboard Hot 100. Il remportera même le Grammy de la meilleure performance hard rock.
 
Cult of Personality ne doit pourtant pas faire oublier le reste du disque. Open Letter (To a Landlord) évoque notamment les rapports de classe et les conditions de vie dans les quartiers new-yorkais, Funny Vibe s'attaque frontalement au racisme, tandis que Glamour Boys, Middle Man ou Which Way to America? montrent un groupe beaucoup moins intéressé par les conventions du hard rock que par la possibilité de faire passer ses idées à travers une musique constamment en mouvement. Leur reprise de Memories Can't Wait des Talking Heads rappelle également que leurs racines se trouvent autant dans la scène alternative new-yorkaise que dans le rock lourd.
 
Le succès de Living Colour est d'autant plus remarquable que le groupe apparaît dans un univers où les musiciens noirs restent largement cantonnés, dans l'industrie musicale, au funk, à la soul, au R&B ou au hip-hop. Vernon Reid connaît parfaitement cette situation. La Black Rock Coalition, qu'il contribue à créer, cherche justement à soutenir les artistes noirs évoluant dans des musiques comme le rock, le punk, le jazz expérimental ou le metal. Living Colour devient alors, malgré lui ou presque, une sorte de démonstration grandeur nature de l'absurdité des frontières musicales.
 
Time's Up, en 1990, confirme que Vivid n'était pas un accident. Le deuxième album pousse encore plus loin le mélange des genres et permet au groupe de décrocher un nouveau Grammy. Living Colour participe également à la première tournée Lollapalooza en 1991, aux côtés de plusieurs formations qui incarnent alors le renouvellement du rock américain. En 1993, Stain propose une version plus sombre et agressive du groupe, avant une première séparation en 1995.
 
Living Colour se reformera finalement en 2000 et poursuivra son histoire avec Doug Wimbish à la basse, celui-ci ayant remplacé Muzz Skillings. Collideøscope sort en 2003, suivi de The Chair in the Doorway en 2009 puis de Shade en 2017. Vernon Reid, Corey Glover et Will Calhoun sont toujours au cœur de cette formation qui n'a jamais vraiment accepté l'idée qu'il fallait choisir entre le rock, le funk, le jazz, le punk ou le hip-hop.
 
Avec Living Colour, le plus intéressant n'est donc peut-être pas Cult of Personality, pourtant devenu leur morceau emblématique, mais la manière dont le groupe a réussi à transformer tout ce qui l'entourait en matière première. À la fin des années 80, alors que chacun semblait encore devoir choisir son rayon dans le grand supermarché des genres musicaux, Living Colour avait simplement décidé de prendre le chariot entier.
 

L'autre face de Carol

 Voici "So Low" l'autre face du single de Carol sorti en 1981 !
 

Le single de Metro

Ici, on pourra télécharger en mp3 le maxi-single 3 titres des espagnols de Metro sorti en 1984 !

The Dance All Of The Dead

 Nouvel extrait du long des David Vincent : "Ourouni" sorti chez New Rose en 1990 !
 

Carol

Il n’y a presque rien à raconter sur Carol, et c’est probablement ce qui rend ce 45 tours aussi intriguant. En 1981 ou 1982 selon les sources, un disque apparaît en Belgique avec deux titres, « Breakdown » et « So Low ». Pas de biographie détaillée, pas de carrière discographique à rallonge, pas de photos permettant vraiment de mettre un visage sur le nom. Juste ces deux morceaux et une atmosphère particulièrement étrange.
 
Derrière Carol se trouve notamment Micky Mike, pseudonyme de Marcel Thiel, musicien de l’underground belge qui deviendra plus tard beaucoup plus connu sous le nom de Snowy Red. Ici, il délaisse en partie l’énergie punk pour bricoler une musique électronique minimale, froide et dépouillée. Carol assure le chant tandis que Micky Mike s’occupe des machines. Le résultat tient davantage de l’expérimentation que de la chanson pop traditionnelle.
 
« Breakdown », placé en face A, repose sur une rythmique sèche et une électronique rudimentaire, avec cette sensation très particulière des premiers enregistrements minimal synth : peu de moyens, peu d’éléments, mais suffisamment d’espace entre eux pour que chaque son prenne de l’importance. « So Low », en face B, pousse encore plus loin cette économie de moyens. Le morceau est plus lent, plus sombre, presque immobile, et la voix de Carol semble flotter au-dessus d’une mécanique électronique réduite à l’essentiel.
 
Le disque appartient à cette période fascinante où certains musiciens issus du punk et de la new wave commencent à utiliser les synthétiseurs, les boîtes à rythmes et les premiers équipements électroniques accessibles pour fabriquer une musique qui ne ressemble pas encore vraiment à ce que l’on appellera plus tard le minimal synth. En Belgique, cette scène va progressivement devenir particulièrement active, mais Carol reste un projet à part, pratiquement sans lendemain.
 
C’est surtout « So Low » qui va finir par attirer l’attention des collectionneurs et des amateurs de musiques électroniques obscures. Le morceau réapparaît au fil des années dans des sélections consacrées à la cold wave et au minimal synth, tandis que le 45 tours original devient difficile à trouver. Le peu d’informations disponibles autour de Carol ne fait qu’ajouter au charme de l’affaire : qui était réellement Carol, comment le projet est-il né et pourquoi s’est-il arrêté après ces deux titres ? Les réponses restent difficiles à trouver.
 
Il faudra attendre 2016 pour que Weyrd Son Records, label bruxellois particulièrement attentif aux recoins oubliés de la musique électronique belge, réédite « Breakdown / So Low ». Plus de trente ans après sa sortie supposée, le disque peut enfin être redécouvert par un nouveau public.
 
Carol fait ainsi partie de ces petits objets musicaux qui semblent avoir été enregistrés presque en dehors de leur époque. Deux morceaux, une poignée de musiciens, très peu d’informations et une musique qui, plusieurs décennies plus tard, continue de sonner aussi dépouillée qu’étrange. Dans le grand inventaire de l’underground belge du début des années 80, « Breakdown / So Low » est une petite anomalie. Et comme souvent avec les anomalies, on a davantage envie de l’écouter que de chercher à tout expliquer.
 

Girls

Nouvel extrait du long des formidables Bonaparte's "Welcome To The Isle Of Dogs" sorti en 1986.
 

Dans La Nuit

Voici l'autre face du single de Après Demain qui comme son nom ne l'indique pas vient de la Finlande. Ce single sorti en 1983 est une franche réussite.
 

Un docu sur les Rois Fénéants (datant de 1984)

Das Kabinette

En 1983, trois étudiants du Blackpool Art College réunis sous le nom de Das Kabinette publient un étrange 45 tours qui semble tout droit sorti d'un autre temps. « The Cabinet » n'est pourtant pas un disque oublié parmi tant d'autres : avec sa boîte à rythmes sèche, ses synthétiseurs, ses guitares et son atmosphère inquiétante, le morceau possède cette drôle de capacité à paraître à la fois très daté et étonnamment moderne.
 
L'histoire de Das Kabinette commence quelques années plus tôt, en 1981, à Blackpool. Michael Hall, David Bracher et Craig Hemmings étudient alors tous les trois au Blackpool Art College. Ils partagent un appartement étudiant qui devient rapidement leur laboratoire musical. Pas besoin d'un véritable studio : quelques synthétiseurs, des guitares, une boîte à rythmes et du matériel d'enregistrement suffisent pour commencer à bricoler une musique qui navigue entre post-punk, new wave, minimal synth et rock électronique.
 
Michael Hall assure le chant et les synthétiseurs, David Bracher joue de la guitare et de la basse tandis que Craig Hemmings participe aux parties électroniques. Leur musique doit beaucoup à l'esthétique et à l'imaginaire du cinéma expressionniste allemand. Le nom Das Kabinette fait évidemment référence au « Cabinet du docteur Caligari », le film réalisé par Robert Wiene en 1920, et c'est précisément cet univers qui va servir de point de départ à leur morceau le plus connu.
 
« The Cabinet » raconte à sa manière l'histoire de Caligari et de Cesare, son mystérieux somnambule. Musicalement, le morceau n'a pourtant rien d'une reconstitution de musique de film muet. La boîte à rythmes donne une pulsation mécanique, les synthétiseurs installent une ambiance froide et les guitares apportent une dimension plus rock. Le résultat se situe quelque part entre minimal wave, post-punk et synth-pop primitive, avec cette économie de moyens qui caractérise une bonne partie des productions indépendantes britanniques du début des années 1980.
 
Le single est enregistré en 1983 au Sunset Sound Studios avec « Fudge It » sur la face B. Ce dernier est en fait une nouvelle version du morceau. Das Kabinette choisit de ne pas passer par une maison de disques et publie le 45 tours sur son propre label, Klosette Records. Environ 500 exemplaires sont pressés. David Bracher réalise la pochette, tandis que sa femme Sara apparaît sur la photographie dans le rôle de Jane. Michael Hall y incarne Cesare. Le groupe se charge pratiquement de tout, jusqu'au pressage des disques.
 
Avec un tirage aussi limité, le disque aurait pu rester un simple souvenir de quelques étudiants de Blackpool. Pourtant, « The Cabinet » connaît une petite vie radiophonique et passe notamment sur BBC Radio 1. Le morceau circule suffisamment pour acquérir une réputation de titre culte auprès des amateurs de musiques électroniques et de post-punk les plus curieux.
 
Das Kabinette poursuit ses activités pendant quelques années et enregistre d'autres morceaux, mais le groupe reste une affaire relativement confidentielle. Il faudra attendre beaucoup plus tard pour que son histoire intéresse à nouveau les collectionneurs et les amateurs de minimal wave. En 2008, le label Minimal Wave retrouve le groupe et publie Spy Thriller, une compilation qui rassemble les deux titres du 45 tours ainsi qu'une série d'enregistrements restés inédits. On y découvre notamment « Passionkiller », « Something's On Your Mind », « Next In Line », « The Evil Of His Kiss » ou encore « Spy Thriller », qui permettent de constater que Das Kabinette ne se résumait pas à son morceau le plus célèbre.
 
« The Cabinet » réapparaît également en 2010 sur The Minimal Wave Tapes: Volume 1, compilation consacrée aux productions électroniques obscures des années 1970 et 1980. Ce qui n'était à l'origine qu'un petit 45 tours autoproduit à 500 exemplaires se retrouve ainsi présenté à une nouvelle génération d'auditeurs.
 
Il y a quelque chose d'assez logique dans cette trajectoire. Das Kabinette était précisément le genre de groupe que les années 1980 pouvaient facilement laisser derrière elles : trois étudiants d'une école d'art, quelques machines, un goût pour les films expressionnistes et un disque fabriqué presque entièrement par eux-mêmes. « The Cabinet » n'avait pas besoin de beaucoup plus pour exister.
 
Aujourd'hui, le morceau conserve une efficacité assez particulière. Sa production minimale, sa boîte à rythmes sans fioritures et ses synthétiseurs ont évidemment pris quelques rides, mais l'ensemble garde une vraie étrangeté. Et c'est peut-être ce qui fait encore son intérêt : trois étudiants de Blackpool qui, au début des années 1980, décident de transformer le docteur Caligari en morceau de post-punk électronique. Pour un 45 tours pressé à 500 exemplaires, ce n'est déjà pas si mal.
 

Le single des Félés

Ici, on pourra télécharger en Mp3 l'unique single des Félés sorti en 1978 !  


 

Après Demain

Après Demain se forme en 1981 à Oulu, dans le nord de la Finlande. Le groupe ne publiera qu’un disque avant de disparaître, mais ce disque suffit à rendre son passage dans la scène underground finlandaise particulièrement intéressant.
 
Après Demain est né dans le petit milieu punk et alternatif d’Oulu. Jukka Kangas et le premier batteur Jari « Löllö » Lehtonen avaient auparavant joué dans Raaka Voima, l’un des premiers groupes punk de la ville, tandis que plusieurs futurs membres avaient également participé à Xböö, formation plus expérimentale. Le groupe réunit alors Päivi Marlene au chant, Jukka Kangas à la guitare, Jarno Mällinen à l’orgue, Jyrki Raatikainen à la batterie et Jukka Turunen à la basse.
 
Le nom du groupe est français. Jukka Turunen l’aurait trouvé dans un dictionnaire, à une époque où ses goûts l’amenaient notamment vers l’existentialisme français, la poésie belge et Bryan Ferry. Les influences musicales d’Après Demain sont cependant nettement plus larges : Iggy Pop, Joy Division, Roxy Music et le Velvet Underground côtoient le funk, la soul et les musiques issues de la no wave.
 
Cette combinaison donne au groupe une personnalité assez singulière. « Arpakuutio », leur morceau le plus connu, avance sur une rythmique sèche et nerveuse, accompagnée par un orgue répétitif et un chant qui tient parfois davantage de la déclamation que de la chanson traditionnelle. Le morceau possède quelque chose de froid et de mécanique, alors même que le groupe n’est pas constitué autour d’une instrumentation électronique. Le producteur Jimi Sumén souhaitait au départ orienter Après Demain vers un son influencé par le funk de Nile Rodgers. La production finit pourtant par prendre une direction beaucoup plus anguleuse, en phase avec les sonorités new wave et post-punk du début des années 80.
 
Le seul 45 tours du groupe paraît finalement en 1983 chez Johanna, sous la référence JHNS 542. « Arpakuutio » occupe la face A, tandis que « Dans la nuit » figure au verso. Le contraste entre les deux titres est déjà assez amusant : le premier porte un titre finnois, le second un titre français. « Dans la nuit » confirme d’ailleurs l'attachement assez particulier du groupe à la langue française et propose une ambiance plus nocturne et détachée, portée par la voix très particulière de Päivi Marlene.
 
Avant d'en arriver à ce 45 tours, Après Demain avait enregistré plusieurs morceaux destinés à un EP de quatre titres baptisé Passages. Le projet ne verra finalement pas le jour chez Mirror, mais une démo diffusée à la radio attire l’attention du label Johanna, qui décide de publier le single. La carrière du groupe sera pourtant extrêmement courte. Après la sortie du disque, Après Demain ne donnera que deux concerts, l’un à Oulu et l’autre à Helsinki. Päivi Marlene finit par se lasser de l’aventure et le groupe se sépare.
 
L’histoire aurait pu s’arrêter là, comme celle de nombreux groupes obscurs ayant publié un unique 45 tours au début des années 80. Mais plusieurs membres d’Après Demain poursuivront ensuite leur route dans la scène alternative finlandaise. Jarno Mällinen, Jyrki Raatikainen et Jukka Kangas joueront notamment dans Kansanturvamusiikkikomissio puis dans Radiopuhelimet, tandis que Jukka Turunen deviendra l’un des membres fondateurs d’Electric Blue Peggy Sue and the Revolutionions from Mars.
 
Reste ce petit 45 tours de 1983, témoignage d’une scène d’Oulu qui ne demandait manifestement qu’à sortir de son isolement. « Arpakuutio » et « Dans la nuit » n’ont pas grand-chose d’un disque parfaitement formaté pour les radios de l’époque. On y trouve au contraire cette curieuse collision entre punk, post-punk, funk, new wave et chanson française qui rend les productions underground du début des années 80 aussi imprévisibles. Après Demain aura existé à peine deux ans, n’aura joué que deux fois après la sortie de son disque et aura laissé derrière lui un seul 45 tours. Finalement, c’était peut-être largement suffisant.
 

Schaffe

 Dernier extrait de l'e.p. de Nilp sorti en  1982 voici "Schaffe".
 

Loquillo dans Nineteen n°12 (Octobre 1984)

On connait mon amour inconditionnel pour l'espingouin Loquillo. Cet article explique parfaitement bien ce qui rend Loquillo unique depuis ses débuts. Car malgré une très grand ouverture d'esprit (qui lui permettra de faire - entre autre - du rockab' roots ou du punk mettaleux) Loquillo est un vrai rocker. Et dans son cas, ce n'est pas une posture ! 

Listen To Him

Voici le flip side de l'unique single des Pop Models sorti en 1984, voici le très bon : "Listen To Him (Baby She Loves You)".
 

Patriote

 3e sélection extraite de l'e.p. des suisses de Nilp, voici "Patriote" en français dans le texte ! 
 

Le 1er single de Frakture

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le 1er single de Frakture sorti en 1980.