Shergui

Dernier extrait du long de Dazibao "Les Musiques De La Honte" sorti en 1987, voici "Shergui". 

Elle

Voici "She" un autre très beau (et très long) titre extrait de l'album des Bonaparte's sorti en 1986 !

La face B de l'unique single de Quadrascope

Voici "Love Times Love" la face B de l'unique single de Quadrascope. Autant la face A peut porter à confusion. La personne qui chante a un accent anglais parfait. Autant, cette face B est clairement chantée par un français. Qui, malgré un bel effort, ne peut pas cacher ses origines... 

Spermicide

Formé en 1977, Spermicide est un groupe bruxellois qui disparaît dès 1980 après quelques années d’activité. Dans une interview publiée dans le fanzine Symphonie Urbaine en novembre 1984, Eric, guitariste et chanteur du groupe, revient sur cette période. Il explique que Spermicide a connu plusieurs changements de musiciens, mais qu’il est resté le seul membre présent du début à la fin. La dernière formation réunissait Eric à la guitare et au chant, Paul à la batterie et Chris à la basse et au chant.

Le groupe laisse derrière lui un unique témoignage discographique : un 45 tours enregistré en 1980. La pièce maîtresse en est « Belgique (Putain Frigide) », un titre qui résume à lui seul l’approche provocatrice du groupe. Le morceau, critique et frontal, aurait été censuré, ce qui ajoute encore au caractère sulfureux de cette petite production indépendante. À une époque où le punk belge se construit souvent dans l’urgence, avec peu de moyens et beaucoup d’énergie, Spermicide choisit une expression en français, loin de l’anglais alors dominant dans le rock.

Dans l’interview, Eric revient sur la fin du groupe avec une certaine distance. Pour lui, Spermicide correspond à une époque précise : « Spermicide, c’est une époque », explique-t-il. Le groupe aurait acquis une réputation importante dans le milieu underground, au point d’être parfois refusé dans certaines salles. L’arrivée de la new wave et les changements de la scène musicale auraient également contribué à rendre cette aventure moins pertinente pour ses membres.

Après Spermicide, Eric fonde Neo Arya, une nouvelle formation dans laquelle il poursuit une recherche musicale différente. Dans les pages de Symphonie Urbaine, il décrit son approche comme du « néo-rock » et revendique une écriture en français, considérant que la langue maternelle permet de mieux transmettre les idées et les sensations. Ses propos témoignent d’une volonté de dépasser le simple cadre punk pour aller vers quelque chose de plus personnel, plus expérimental, même si l’énergie des débuts reste présente.

Le nom de Spermicide a parfois été entouré de récits contradictoires, certains insistant sur une dimension politique ou provocatrice liée aux milieux alternatifs bruxellois. Mais les rares documents disponibles montrent surtout un groupe qui cherchait à exister en dehors des circuits habituels, avec une identité propre et une volonté de ne pas rentrer dans les cases.

Aujourd’hui, le 45 tours de Spermicide reste l’un de ces petits objets qui permettent de comprendre la richesse de la scène belge de la fin des années 70. Un disque court, une carrière brève, mais une trace suffisamment forte pour réapparaître quarante ans plus tard dans les archives des collectionneurs et des passionnés de cette période. Comme beaucoup de groupes punk de l’époque, Spermicide n’a pas construit une longue histoire : il a capturé un moment précis, celui d’une Belgique qui cherchait elle aussi son propre son.

La version instrumentale de "Baby Won't Phone" de Quadrascope


Rock On

Nouvel extrait du long des David Vincent sorti en 1990, voici le très Mano Negra "Rock On" !

Assis D'vant La Télé

Ici, on pourra télécharger en Mp3 l'unique single de Bétrave Rock sorti en 1981 ! 


 

Quadrascope

Quadrascope, c'est deux morceaux, “Baby Won’t Phone” et “Love Times Love”, sortis en 1983 sur un label anglais, quelques traces éparpillées dans les bases de données discographiques et les playlists de collectionneurs obsessionnels, puis plus rien. Pas de biographie, pas de photo de presse connue, pas d’interview retrouvée, presque aucune archive. Juste cette sensation familière aux amateurs de synth-pop obscure : celle d’être tombé sur un fragment isolé d’un monde disparu.

Pendant longtemps, on aurait pu croire à un groupe français (c'est du moins ce que laisse entendre Discogs). Le nom, l’absence totale d’informations, cette manière un peu européenne de chanter l’anglais dans les années 80, tout cela pouvait évoquer ces dizaines de projets cold wave autoproduits apparus puis évaporés entre Rouen, Bruxelles ou Genève. Pourtant, plusieurs indices orientent plutôt vers la Grande-Bretagne. Le morceau “Baby Won’t Phone” a notamment été repris sur la compilation Electrical Language: Independent British Synth Pop 78-84, publiée par Cherry Red Records, au milieu d’artistes comme The Normal, Thomas Leer ou Section 25. Difficile d’imaginer Quadrascope débarquer là par hasard.

Musicalement, le groupe se situe exactement dans cette zone floue entre post-punk minimal et synth-pop artisanale qui a proliféré après l’explosion initiale du punk. “Baby Won’t Phone” repose sur une mécanique simple : boîte à rythmes sèche, basse synthétique répétitive, nappes discrètes et chant distant, presque désincarné. Rien de spectaculaire, mais ce mélange de mélancolie et de froideur produit immédiatement cet effet typique des meilleures obscurités synthétiques du début des années 80. “Love Times Love”, en face B, pousse encore davantage le côté romantisme synthétique fragile, comme si les auteurs avaient tenté de reproduire l’élégance triste des premiers Human League avec des moyens limités et quelques heures de studio.

C’est probablement cette économie de moyens qui rend aujourd’hui le disque aussi attachant. Quadrascope ressemble moins à un “vrai groupe” qu’à un projet éphémère né dans une chambre ou un petit studio local, à une époque où quelques synthés bon marché suffisaient à fabriquer un monde sonore entier. On imagine facilement deux ou trois types fascinés par Gary Numan, John Foxx ou OMD, enregistrant un unique single avant de retourner à l’anonymat. Le genre de disque pressé à quelques centaines d’exemplaires, vendu localement, puis oublié pendant près de quarante ans avant d’être exhumé par des collectionneurs de minimal synth.

Ce qui frappe surtout aujourd’hui, c’est la disparition presque complète des traces. Internet donne souvent l’illusion que tout a été documenté, archivé, numérisé. Quadrascope rappelle au contraire qu’une immense partie de la musique indépendante des années 80 a existé dans des circuits minuscules et fragiles. Des groupes ont répété, enregistré, parfois joué quelques concerts, sorti un disque, puis disparu sans laisser d’autre empreinte qu’une poignée de vinyles et quelques souvenirs diffus. C’est précisément ce qui rend ce type de découverte si fascinant : derrière ces deux morceaux se cache probablement toute une histoire qui ne sera peut-être jamais reconstituée.

Samedi, jour de répét'

Voici 3 photos prises dans le nineties par le camarade Yannick. C'est au début de l'aventure des Monkey Business (on y voit encore Pascal qui quittera bientôt l'aventure). C'est photos sont prises à Boulogne, là où le groupe avait l'habitude de répéter ! (sur la première photo, David, sur la deuxième, Bruno, sur la troisième Pascal).



 

Death Train

Nouvel extrait du long des Privés sorti en 1987, voici le très bon "Death Train" ! 

Enough (Juillet)

Nouvel extrait de l'unique long des Goulues sorti en 1987, voici "Enough" !

Secret Life, les flyers

Trouvé sur le profil Facebook du groupe voici deux intéressants flyers ! 


 

Aggression

Voici l'autre face de l'unique single de Secret Life, le très cold wave "Aggression"...

Secret Life, les photos (2)

 



Huuruu Guuruu

Nouvel extrait du long de Dazibao "Les Musiques De La Honte " sorti en 1987, voici le très atmosphérique "Huuruu Guuruu".

Secret Life, les photos

Je suis tombé sur le profil Facebook de Secret Life qui, malheureusement, n'est plus actif depuis un moment. Une bonne occasion de récupérer quelques photos promotionnelles !





 

Secret Life

Au milieu des années 80, la Belgique regorge encore de groupes qui naviguent dans le sillage de la new wave et du post-punk, loin des circuits commerciaux et des radars médiatiques. Secret Life fait partie de cette zone grise particulièrement fertile où se croisent tension froide, urgence rythmique et goût prononcé pour les atmosphères nocturnes. Basé à Anvers et actif de 1981 à 1988, le groupe traverse presque toute la décennie dans une relative confidentialité, laissant derrière lui une discographie minimale qui contribue aujourd’hui à son statut culte auprès des amateurs de cold wave belge.

Le noyau initial se forme autour de Michel Ceyssens à la guitare, Felix Huybrechts, d’abord guitariste et chanteur avant de passer à la basse, et Solange Coussement, qui assure la basse dans un premier temps avant de rejoindre la batterie à partir de 1983. Cette mobilité instrumentale, assez typique des formations underground de l’époque, accompagne une histoire de groupe marquée par de nombreux changements de line-up. Tony op de Weer passe brièvement à la batterie en 1982, tandis que plusieurs claviéristes se succèdent au fil des années, parmi lesquels Garsett Larosse, Bruno Wijnants et Koen Cardinaels. Côté chant, Liz Vereycken apparaît au milieu des années 80 avant d’être remplacée par Carmen Sels dans la dernière période du groupe. Jan Bomberen rejoint également la formation à la guitare sur les dernières années.

La trace discographique la plus tangible de Secret Life reste un unique 45 tours, un double face A généralement référencé sous le titre Searching / Aggression, sorti vers 1984 ou 1985 selon les sources. Deux morceaux qui condensent assez bien l’esthétique du groupe : d’un côté une new wave tendue et mélodique, bâtie sur une basse métronomique, des claviers froids et des guitares nerveuses ; de l’autre, une face plus rugueuse et urgente, fidèle à son titre. Comme souvent avec ce type de productions autoproduites ou diffusées à très petite échelle, les informations restent fragmentaires et les exemplaires du disque relativement peu visibles.

Si Secret Life n’a jamais dépassé le cercle restreint de la scène alternative belge, le groupe semble avoir maintenu une activité sur plusieurs années, ce qui laisse supposer un répertoire plus large que ne le suggère sa seule sortie officielle. Cette impression est confirmée par la publication tardive de la compilation Nineteen Eighty Four, qui rassemble des enregistrements réalisés en 1984 et permet d’élargir un peu la perspective sur le groupe. On y retrouve cette signature sonore typiquement belge : boîtes à rythmes sèches, basse omniprésente, voix distantes et mélancolie urbaine.

Secret Life appartient à cette génération de groupes européens qui ont davantage existé dans les salles locales, les répétitions et les micro-réseaux indépendants que dans les bacs des disquaires. Une trajectoire discrète, presque effacée, mais suffisamment singulière pour que quelques morceaux et un 45 tours suffisent encore, plusieurs décennies plus tard, à susciter la curiosité des collectionneurs et des archéologues de la new wave.

She's Always Mine

Nouvel extrait du long des Privés "Explosive Mood" sorti en 1987, voici le très bon "She's Always Mine" !

La moto de Franck

Il fût un temps où Franck (Cérémonies, Demolition Party, Chinaski's ... Etc.) roulait en Harley Davidson (peut-être une 880). Nous étions au milieu des années 80 et nous avions monté un studio de design graphique. Nous partagions nos locaux avec un ami photographe. Un jour le dit ami nous dit qu'il fait une séance photo avec Jean-Pierre Kalfon et qu'il aimerait lui emprunter son Harley pour ces prises de vue. C'est comme ça que la dite moto est entrée dans la légende (ou presque).


Une petite démo des Blasters

J'ai déjà publié quelques trucs des Blasters. Voici une démo datant de 1978 où le groupe américain s'attaque au standard d'Eddie Cochran. Un vrai bonheur !

Le single de Vietnam Rafale

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le single 3 titres "Asile Tropical" de Vietnam Rafale sorti en 1982. 


 

Il N'est Pas Trop Tard

Nouvel extrait du long de Raff "Six Balles... Pour Un Colt !", voici "Il N'est Pas Trop Tard" pas très loin d'une certaine variété rock (Avions, Innocents... Etc.)

L'ile Aux Chiens

Voici un nouvel extrait de "Welcome To The Isle Of Dogs" des Bonaparte's sorti en 1986 !

La face B de l'unique single de Russian Roulette

Voici "Fuckin Car" la face B de l'unique single de Russian Roulette. Une chanson aux accents Crampsiens du meilleur effet !

L'oiseau mysterieux

Nouvel extrait du long des David Vincent sorti en 1990  ("Ourouni") voici "Mystery Bird" !

Russian Roulette dans Rock Hardi n°6 (Octobre 1984)

 


Amendment

Dernier extrait du single de Quel Dommage sorti en 1984, voici le très new-wave "Amendment". 

Le clip de Russian Roulette (FR3 Besançon - 1985)

Russian Roulette

Russian Roulette s’inscrit dans une histoire longue et très imbriquée de la scène rock et punk du bassin mulhousien, où les groupes semblent se répondre, se dissoudre et se reformer en permanence pendant plus d’une décennie. Tout commence en réalité bien avant le nom lui-même, avec une série de formations successives qui structurent un véritable réseau musical local. Dès 1974, Knollhammer réunit Jean-Luc Gomez à la basse, Jean Hasenboehler à la guitare et Bitchené à la batterie. Lorsque ce dernier quitte le groupe, la dynamique continue et évolue vers Black Rat en 1976, formation élargie où se croisent plusieurs figures importantes de la scène locale, dont Jean-Yves Saquet à la batterie et Guenolé Biger, également batteur et passé par Ange, ainsi que Thierry Smadja au chant et Agnain Martin à la guitare. Le groupe répète dans des conditions très autonomes à Spechbach, près de Mulhouse, dans une maison transformée en lieu de vie et de travail, avec un local aménagé par eux-mêmes. Cette période est déjà marquée par une activité scénique réelle, une vingtaine de concerts dans la région et jusqu’en Suisse et en Allemagne, avec une logique d’indépendance totale, affiches collées à la main et matériel géré sans intermédiaires.
 
À la fin de 1977, une nouvelle scission donne naissance à Speed Queen, formé notamment par Agnain Martin et Thierry Smadja, tandis que d’autres musiciens poursuivent sous différentes configurations comme Strass, Virginie ou encore Marilyn, qui croisent des noms comme Freddy Koella, futur guitariste reconnu ayant joué avec Bob Dylan, Willy DeVille ou Francis Cabrel. Dans cet environnement très poreux, où les musiciens passent d’un projet à l’autre sans rupture nette, se construit peu à peu le terrain sur lequel émergera Russian Roulette. Jean-Yves Saquet, figure centrale de cette trajectoire, raconte une enfance et une adolescence marquées par une découverte intuitive du rock, entre les Rolling Stones entendus chez les voisins et les New York Dolls découverts par hasard en supermarché, puis un déplacement vers Mulhouse qui l’ancre dans cette scène en gestation.
 
Au début des années 80, Jean-Yves et Michèle Saquet rencontrent Jean-Louis Arnitz dans un café-concert mulhousien, Le Cerf, lieu pivot de la scène locale. Arnitz incarne alors une figure punk très marquée, déjà passée par plusieurs groupes comme Typhus, Laxatif ou Chaos Club, et se distingue autant par son esthétique que par son activité de parolier et de dessinateur. Le groupe se structure alors dans une cave proche d’un presbytère, à une dizaine de kilomètres de Mulhouse, dans un environnement encore une fois totalement autonome. Didi Kaiser à la batterie et Christian Montemagni à la guitare complètent une première formation qui commence à tourner localement et dans les pays voisins. Leur présence sur scène est rapidement remarquée, notamment lors du festival Les Aventuriers du Rock Perdu en mai 1982, où leur passage marque les esprits par une énergie brute et une esthétique déjà très visuelle, entre crêtes, perfecto et références assumées au punk new-yorkais. Les concerts suivants les mènent à Fribourg, en Suisse et dans plusieurs villes de l’Est de la France, dans une logique de circuits alternatifs et de lieux autogérés.
 
En 1982, des départs successifs fragilisent la formation, mais les liens avec la scène ne se rompent pas. Certains membres rejoignent ou croisent des groupes comme Cosmetix ou Sound Attack, tandis que d’autres projets se développent parallèlement en Allemagne du Sud. C’est aussi à ce moment que la scène punk régionale se révèle comme un réseau transfrontalier continu, où les musiciens circulent entre Mulhouse, Strasbourg et Fribourg, nourrissant une esthétique commune faite de liberté totale et d’approximations assumées. Lorsque Jean-Yves Saquet évoque cette période, il insiste sur la précarité et l’énergie brute plutôt que sur la maîtrise technique, une musique de contact et de survie plus que de virtuosité.
 
C’est dans ce contexte que se met en place, en 1983, ce qui deviendra le single de Russian Roulette. Jean-Yves Saquet évoque une rencontre déterminante avec le producteur Emmanuel Booz, qui cherche alors un groupe de rock plus frontal que les formations new wave parisiennes. Le projet prend forme rapidement autour d’un enregistrement prévu à Paris, tandis que la formation est reconstituée avec des musiciens venus d’Allemagne, notamment Stephan Olefs et Dan Boll, issus du groupe Harnröhrer, déjà actif dans une scène punk allemande très liée aux réseaux français. Le groupe se retrouve donc dans une configuration hybride, franco-allemande, assez représentative de cette zone frontalière où les scènes se mélangent sans distinction nette.
 
L’enregistrement se déroule en 1984 au studio Garage à Paris, en seulement deux jours, dans des conditions rapides et peu sophistiquées. Booz participe aux chœurs et pousse même l’expérience jusqu’à des interventions vocales en allemand, accentuant le côté chaotique et spontané du projet. Le résultat donne un 45 tours tiré à environ mille exemplaires, dont une partie est tamponnée « promotion interdite à la vente », ce qui contribue encore à son statut ambigu entre objet promotionnel et disque officiel. La pochette, réalisée par Jean-Louis Arnitz, prolonge cette esthétique bricolée et très personnelle. Le titre “J’ai Tout Oublié” devient ainsi le seul témoignage discographique concret du groupe dans cette formation.
 
Un clip est tourné pour FR3 Besançon et diffusé dans l’émission Décibels, offrant une visibilité ponctuelle à un groupe qui reste profondément ancré dans l’underground. Le dernier concert a lieu en juillet 1984 au Fort d’Aubervilliers, aux côtés de formations comme Oberkampf ou Ausweis, avant que les membres ne se dispersent définitivement, certains retournant en Allemagne, d’autres poursuivant des parcours musicaux parallèles. Comme souvent dans cette scène, la fin du groupe ne marque pas une rupture mais une transformation continue, avec des reprises d’activités dans d’autres formations, des lieux alternatifs ou des projets plus informels.
 
La suite de l’histoire prolonge cette logique. Jean-Yves et Michèle Saquet reprennent le café-concert Le Cerf, qui devient un point névralgique de la scène locale et accueille des groupes internationaux ou français comme Little Bob ou The Saints. De nouvelles formations émergent ensuite, notamment les Gimmicks, puis le Bluff Band, montrant une continuité musicale et humaine qui dépasse largement le cadre de Russian Roulette. Dans cette perspective, le groupe apparaît moins comme une entité isolée que comme un moment précis d’un réseau plus vaste, fait de circulations, de rencontres et de bifurcations permanentes.
 
Russian Roulette reste ainsi un objet typique de cette scène française des années 80, à la frontière du punk et du hard rock, profondément liée à l’Allemagne et à la Suisse, et caractérisée par une énergie DIY totale. Un groupe bref dans sa durée mais dense dans ses ramifications, dont le single “J’ai Tout Oublié” agit presque comme un point de condensation de toute une époque plus que comme un simple enregistrement.
  

Le 1er single des Tokow Boys

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le 1er single des Tokow Boys sorti en 1980.


 

Autour De Mes Nuits

Voici le morceau-tître du mini album des Goulues "Autour De Mes Nuits". Une chanson pop et plutôt sympatoch' !

Que Dommage d'avoir un tître de chanson si long !

 Voici "Music For Serious And Solemn Occasions", 2e extrait du single de Quel Dommage sorti en 1984 !

Douce revanche

 Voici l'autre face du premier single de Neon Judgement ! Le très enlevé "Sweet Revenge".

Interview de Quel Dommage dans Kindred Spirit n°4

 Je me suis permis de traduire une interview de Quel Dommage publiée sur ce très bon blog !

Quel Dommage fait partie des nombreux groupes de Hull qui semblent presque inévitablement destinés à passer à l’étape supérieure.

Le groupe s’est formé en juillet 1982 et a depuis gagné en popularité localement, particulièrement au cours des six derniers mois, grâce à une activité scénique soutenue dans la région de Hull, notamment une première partie plutôt bien accueillie aux côtés de Chelsea. La sortie de leur premier EP, prévue dans les deux ou trois semaines à venir, devrait, espérons-le, leur permettre de grimper encore quelques échelons.

Leurs goûts musicaux personnels couvrent un large éventail de styles, des Cult Maniax… pardon Andy… CULT MANIAX jusqu’à Ian Dury, mais leurs propres compositions sont imaginatives, sombres et traversées d’une agressivité sous-jacente.

Comme les seules occasions où j’ai pu entendre le groupe ont été en concert (les systèmes de sonorisation ne leur rendant pas toujours justice), je me demandais si leurs textes correspondaient à l’atmosphère lourde et pesante de leur musique.

Mike : Il n’y a pas de message caché derrière les textes. Certains parlent de violence en ville, d’autres de bouleversements émotionnels, certains sont romantiques. Ça parle d’un peu tout.

Pensez-vous que de bonnes paroles peuvent parfois détourner l’attention du contenu musical d’un morceau ?

Mike : Moi, j’écoute les paroles en premier. Je pense que c’est la partie la plus importante d’une chanson.

Andy : Je dirais plutôt que la musique est plus importante, mais chacun voit ça différemment.

Quels auteurs de paroles admirez-vous le plus ?

Andy : Rat Scabies.

Mike : Ian Curtis. Je ne comprenais pas de quoi il parlait la moitié du temps, mais j’aimais ça ! Ses paroles n’ont vraiment pris sens qu’après son suicide.

Comment composez-vous un morceau ?

Ian : En général, ça commence par un riff de guitare, puis on ajoute la ligne de basse.

Andy : On écrit un morceau, on trouve son ambiance, puis on a tout un stock de paroles qu’on garde jusqu’à trouver la bonne mélodie pour aller avec, et on assemble les deux.

Mike : Les paroles et la musique peuvent parfois être écrites à six ou sept mois d’intervalle.

Où enregistrez-vous ?

Ian : On est allés trois fois au studio de Ken Giles à Bridlington, mais il a déménagé à Wakefield. Il a ouvert un grand studio avec des équipements 8, 16 et 24 pistes.

Andy : Pour enregistrer un single, il nous faut du 16 ou 24 pistes. On utilisait du 8 pistes, mais c’est assez limité. Chaque studio a son propre son, mais je pense qu’il faut sortir de Hull pour trouver un bon studio.

Avez-vous déjà pensé à faire une vidéo ?

Andy : On a filmé récemment un de nos concerts, surtout pour voir à quoi on ressemblait sur scène.

Vous aimeriez faire une vidéo plus scénarisée, comme Indians in Moscow ?

Andy : Ce serait un changement de faire quelque chose comme ça, mais ça ne m’attire pas tant que ça.

Mike : Je ne supporte pas de voir des groupes pop essayer de jouer la comédie. Je préfère voir une vidéo d’un groupe en live sur scène.

Andy : Une bonne vidéo, c’est une vidéo qui sert la chanson.

Pensez-vous être influencés par quelqu’un en particulier ?

Andy : Nos influences, c’est nous-mêmes. On a tous des goûts différents, mais ça ne veut pas dire qu’on copie un groupe précis. On nous compare à The Cure et Joy Division, mais on ne cherche pas à leur ressembler.

Quelles sont vos opinions sur le féminisme ?

Andy : Eh bien… chacun fait comme il veut… (réponse très peu engagée, les gars !)

Et les femmes de Greenham Common ?

Andy : Elles ont fait de grands sacrifices pour être là-bas et, personnellement, je sympathise avec elles.

Vous êtes tous pro-CND ?

Mike : Je ne veux pas de guerre nucléaire, c’est bien la dernière chose que je souhaite.

Andy : C’est du bon sens, non ? Qui a envie de sauter ?

Ian : Je ne connais peut-être pas tous les faits, mais de mon point de vue, la Russie a des bombes nucléaires, donc nous devons en avoir aussi comme moyen de dissuasion. Il n’y a pas eu de guerre depuis 1945 et je pense que ça l’empêche. Par contre, ces missiles secondaires sont absurdes. On a déjà de quoi rayer le monde de la carte et ils essaient encore d’en construire de meilleurs ?!!

Andy : Alors que cet argent pourrait être utilisé à bien meilleur escient.

Quelle est la prochaine étape pour Quel Dommage ?

Ian : La prochaine étape, c’est forcément de jouer en dehors de Hull… Leeds, Manchester, ce genre d’endroits.

Andy : C’est un cercle vicieux. Il faut avoir sorti un single et être un minimum reconnu avant de pouvoir décrocher un concert hors de Hull. On a écrit à des salles, appelé des gens, mais sans succès. Beaucoup d’organisateurs veulent faire de l’argent, et si tu n’es personne, ils ne veulent pas te connaître. L’idéal serait d’obtenir une première partie pour un gros groupe.

Un dernier mot ?

Andy : J’aimerais juste dire que la scène de Hull est franchement pourrie en ce moment. Ce n’est pas parce que certains groupes attirent l’attention des médias et de la presse que Hull possède une scène valable. C’est aux groupes de faire évoluer la scène — ils devraient s’entraider au lieu d’être aussi arrogants et ignorants, comme certains le sont ! Il serait temps de faire un grand ménage dans cette putain de ville !!

Bon… euh… autre chose ?

Andy : Merci à tous ceux qui ont fait l’effort de découvrir Quel Dommage, ah et je ne fume pas !


 

Quel Dommage

Formé à Hull au milieu des années 80, Quel Dommage n’a laissé qu’une poignée d’enregistrements, suffisamment rares pour alimenter les fantasmes habituels autour de la cassette culture anglaise, des labels bricolés et des groupes qui ont probablement répété davantage qu’ils n’ont joué.

Paru en 1984 sur le microscopique label Xcentric Noise, Bright Lights ressemble exactement à ce qu’on espère d’un obscur EP britannique de cette période : une production sèche, une tension contenue et cette manière très anglaise de faire de la mélancolie sans jamais verser dans le pathos. Le morceau-titre avance avec une lenteur presque obstinée, porté par une basse rigide, des guitares maigres et un synthé qui apporte juste ce qu’il faut de froideur synthétique pour faire basculer l’ensemble du côté minimal wave. On pense parfois aux premiers Cure débarrassés de toute tentation pop, parfois à ces dizaines de groupes provinciaux qui ont absorbé Joy Division sans forcément disposer des mêmes moyens ni des mêmes ambitions.

La face est complétée par l’improbablement intitulé Music For Serious And Solemn Occasions (A Song Of Thankfulness And Praise), titre aussi pompeux qu’attachant, qui prolonge cette esthétique grise et appliquée, comme si Quel Dommage avait décidé de prendre très au sérieux sa propre tristesse. Rien ici ne cherche l’efficacité immédiate : tout semble légèrement raide, retenu, presque maladroit, ce qui contribue paradoxalement au charme du disque.

Le passage du groupe chez John Peel en août 1984 suffit à prouver que Quel Dommage n’était pas totalement condamné à l’anonymat, même si leur trajectoire semble ensuite s’être dissoute dans le brouillard habituel des groupes DIY anglais. La réédition tardive de leurs archives sous le titre Drogo Beat a permis de confirmer qu’il ne s’agissait pas seulement d’un single isolé mais bien d’un projet un peu plus consistant, actif entre 1983 et 1986.

Bright Lights n’est sans doute pas un chef-d’œuvre caché qui bouleversera l’histoire du post-punk, et c’est peut-être précisément ce qui le rend intéressant. On y entend moins la naissance d’un grand groupe manqué qu’un témoignage très pur de cette Angleterre musicale parallèle où des dizaines de formations enregistraient quelques titres, pressaient un 45 tours à compte d’auteur et disparaissaient presque aussitôt. Un disque mineur, donc, mais de ceux qui racontent parfois mieux une époque que les classiques mille fois documentés.

The Neon Judgement dans L'Equerre (Été 1986)

Petite pensée pour Franck qui, à l'époque, fréquentait la bande de l'Equerre ! 

The Neon Judgement live à la télé Belge en 1986

 

Neon Judgement

Dans la Belgique du début des années 80, quelque part entre les dernières secousses du post-punk et l’émergence d’une électronique encore bricolée, The Neon Judgement apparaît presque en marge, mais avec une intuition sonore qui va marquer durablement les sous-sols européens. Formé à Louvain en 1981 par Dirk Da Davo et TB Frank, le duo commence comme beaucoup à l’époque : avec peu de moyens, des idées très claires et un goût prononcé pour les textures froides. Leurs premières cassettes autoproduites circulent discrètement, mais posent déjà les bases d’un son tendu, minimaliste, où la boîte à rythmes claque sec et la guitare tranche sans bavure. En 1982, la sortie de “Factory Walk” agit comme un révélateur. Le morceau, à la fois rigide et nerveux, presque mécanique sans jamais être totalement déshumanisé, devient rapidement un classique underground. Il ne s’agit pas seulement d’un premier single réussi, mais d’une forme de manifeste involontaire, quelque part entre la répétition industrielle et une urgence héritée du punk.

À la même époque, la Belgique voit émerger toute une scène électronique radicale, et le parallèle avec Front 242 est inévitable, même si The Neon Judgement s’en distingue très vite. Là où d’autres poussent vers une Electronic Body Music plus martiale et structurée, eux conservent une ambiguïté permanente, une manière de laisser entrer la guitare, le flottement, voire une certaine forme de mélancolie. Cette tension entre rigidité et lâcher-prise devient leur signature. Les enregistrements du milieu des années 80, notamment autour de “Mafu Cage”, montrent un groupe en pleine mutation, qui affine son langage sans jamais le lisser complètement. Il y a chez eux une volonté d’aller vers des formats plus construits, mais sans abandonner cette rugosité initiale qui fait tout leur sel.

À la fin de la décennie, alors que les scènes électroniques se spécialisent et que les esthétiques se figent parfois, The Neon Judgement prend une direction légèrement à contre-courant. La guitare prend plus de place, les structures se rapprochent du rock, et certains morceaux semblent hésiter entre club et scène live. Ce n’est pas un reniement, plutôt une extension du territoire, mais cela les place dans une position un peu inconfortable, trop rock pour les puristes de l’EBM, trop électroniques pour les circuits rock classiques. Cette zone grise, qu’ils occupent presque seuls, contribue sans doute à expliquer pourquoi leur reconnaissance reste longtemps confinée à un cercle d’initiés, malgré une activité scénique soutenue et une discographie cohérente.

Les années 90 accentuent encore ce déplacement. Le son se fait plus organique, parfois presque bluesy, loin des pulsations mécaniques des débuts. À mesure que la techno et les formes plus dures d’EBM gagnent du terrain, The Neon Judgement semble suivre son propre chemin, indifférent aux effets de mode. Cette trajectoire, moins lisible, les éloigne progressivement du devant de la scène, sans pour autant entamer la fidélité de ceux qui les suivent depuis les premières heures. Il y a dans cette période quelque chose d’assez typique des groupes nés dans l’urgence des années 80, qui refusent de se figer dans une formule qui a pourtant fait leurs preuves.

Le ralentissement de la fin des années 90 et des années 2000 n’a rien d’une disparition. Les activités deviennent plus sporadiques, les projets parallèles prennent le relais, mais le nom circule toujours, notamment grâce aux rééditions et à l’intérêt croissant pour les scènes cold wave et industrielles. Avec le recul, “Factory Walk” apparaît de plus en plus comme un point de départ emblématique, non seulement pour le groupe, mais pour toute une manière d’aborder la musique électronique sans renoncer à l’énergie du rock. Le retour sur scène dans les années 2010, dans un contexte où ces esthétiques retrouvent une nouvelle jeunesse, confirme leur statut de groupe culte, presque discret mais essentiel.

Ce qui frappe aujourd’hui, en replongeant dans leurs premiers enregistrements, c’est à quel point The Neon Judgement n’a jamais vraiment cherché à appartenir à une case précise. Ni totalement EBM, ni vraiment rock, ni strictement industriel, le duo a constamment navigué entre plusieurs mondes, au risque de rester en périphérie. C’est précisément là que réside leur intérêt. Dans cette capacité à maintenir une forme d’instabilité, à refuser la pureté des genres, et à produire, dès 1982, avec un morceau comme “Factory Walk”, une musique qui semble encore aujourd’hui fonctionner comme une ligne de fuite plutôt qu’un point d’arrivée.

Le retour des Stillers

Du fait d'un problème technique, j'avais arrêté la publication du mini album des Stillers, le magnifique "Rock Rural". Voici donc le dernier extrait !