Sunrock ou Sun Rock ?

En 1981, un groupe belge du nom de Sun Rock publie un 45 tours intitulé Backstage Lady sur le label Mark Records. Une production typique de cette scène rock un peu marginale de l’époque : tirage limité, diffusion confidentielle, mais un certain soin dans la composition et la mise en son. La face B, Motion Picture Queen, renforce l’idée d’un groupe à la croisée du rock FM et de la pop européenne, avec un accent anglophone très appliqué et une énergie qui évoque davantage les clubs bruxellois que les stades américains.

En fouillant un peu, on découvre que Sun Rock n’en était pas à son coup d’essai. Cinq ans plus tôt, en 1976, un single signé Sunrock (en un seul mot cette fois) paraît sur le label Oregon Records : Afternoon Breakdown couplé à Rodeo Round-Up. Même si rien ne prouve formellement qu’il s’agisse du même groupe, les indices concordent : origine belge, orientation rock, goût pour les titres en anglais et production locale. Le disque de 1976, aujourd’hui pratiquement introuvable, est référencé dans quelques bases de collectionneurs, et une poignée d’exemplaires circulent encore parmi les amateurs de raretés pressées en Belgique à cette période.

Aucune trace d’interviews, de concerts, ni même de coupures de presse n’a refait surface pour l’instant. Les archives belges de la RTBF ou de la Sonuma n’en conservent pas de mention connue, et les fanzines des années soixante-dix – Graf Zine, Etcetera ou Rock-News – ne semblent pas l’avoir chroniqué. Reste donc ce qu’on peut entendre : deux 45 tours, espacés de cinq années, qui témoignent de la vitalité d’une scène rock belge souvent oubliée, où l’on croisait des musiciens anglophiles, bricoleurs et ambitieux, enregistrant leurs morceaux dans de petits studios de Bruxelles ou de Liège avant de disparaître sans laisser d’adresse.

Sun Rock, ou Sunrock – peu importe au fond la graphie – appartient à cette catégorie d’ombres sonores qui peuplent la discographie belge des seventies et early eighties. Des groupes qui n’ont jamais connu la postérité mais dont les disques, ressortis des bacs ou exhumés sur Discogs, racontent à leur manière l’histoire souterraine du rock en Belgique.

Vénézuela Cha-Cha

Voici l'autre face du single de Strani Cocktail sorti en 1982. Un "Vénézuela Cha-cha" à la ligne mélodique plutôt étrange.

Theme From A Summer Place

Pour tous les amateurs d'easy-listening ce "Theme From A Summer Place" est un passage obligé et un énorme tube pour Percy Faith. Bien sûr,  il existe des centaines de cover de ce tube inoxydable dont cette jolie version des Beatles Costello.

Le single de Girls From Tahiti

Ici, on pourra télécharger l'unique single 4 titres des Girls From Tahiti suisses sorti en 1984.



Strani Cocktail dans EL F.A.A.ZINE n°4 (juin-juillet 1983)



I Feel Fine

Voici une version instrumentale de "I Feel Fine" des Beatles par les Beatles Costello... Une bonne façon de justifier un tel patronyme !  Le résultat est plutôt sympa... 

Avant Strani Cocktail, Nausea...

Pour donner un peu de contexte, voici la formation pré-Strani Cocktail : Nausea. On y trouve presque la même équipe et une communauté d'influences et de références musicales... Le son est un peu plus roots mais ne manque pas d'intérêt !

Strani Cocktail dans New-wave n°23 (Décembre 1983)



Strani Cocktail

Strani Cocktail est un projet musical avant-gardiste belge basé à Bruxelles, actif au début des années 1980. Le groupe est parfois associé à l’alias Nausea et reste aujourd’hui relativement méconnu, avec très peu de documentation disponible. Parmi les membres cités, on retrouve Giorgio Serafini, parfois mentionné sous le nom de Giorgio Benton et Paolo Snaporaz, qui ont contribué à définir l’identité sonore unique du projet. Leur musique s’inscrit dans une veine synth-pop et cold-wave, explorant des sonorités expérimentales qui reflétaient l’esprit avant-gardiste de la scène bruxelloise de l’époque.

La discographie connue de Strani Cocktail est très limitée (2 45tours et 1 maxi en 1982 et 1983).  L’alias Nausea est également parfois mentionné dans les crédits, ce qui suggère que Strani Cocktail n’était pas un projet figé mais plutôt un espace de collaboration autour de sons expérimentaux et de compositions électroniques. Bien que le groupe soit difficile à retracer dans les archives, chaque sortie reflète une volonté d’explorer des territoires musicaux hors des sentiers battus, caractéristique des projets avant-gardistes de cette période.

Strani Cocktail reste ainsi un exemple fascinant de la créativité et de l’expérimentation qui animaient la scène musicale belge au début des années 1980, un projet énigmatique mais passionnant pour quiconque s’intéresse aux traces oubliées de l’avant-garde musicale européenne. Voici la première face de leur premier single... 

The Beatles Costello

En 1978, un 33 tours 17 cm au titre improbable, Washing The Defectives, sort sur le petit label Pious Records (référence JP 310). Sur la pochette figure le nom d’un groupe tout aussi étrange : The Beatles Costello. Tout laisse penser à une plaisanterie de musiciens en roue libre, et c’est sans doute bien ce que c’était. Le nom, contraction ironique entre les Beatles et Elvis Costello (qui est alors à la pointe de la branchitude), annonce la couleur : un projet parodique, un jeu de studio plus qu’un vrai groupe.

L’EP aligne quatre titres — Soldier of Love, I Feel Fine, Theme From a Summer Place et Out of Limits — tous des reprises exécutées avec un sérieux approximatif et un plaisir manifeste. C’est d’ailleurs cette reprise du classique surf Out of Limits qui m’a attiré vers ce disque, curieux de voir comment un tel morceau, symbole d’une époque et d’un son si précis, pouvait être réinterprété par un groupe au nom aussi facétieux. Le résultat, à la fois maladroit et sincère, trahit un véritable amour pour la musique instrumentale des sixties, même sous le vernis de la parodie.

Selon les quelques blogs et bases de données qui en gardent la trace, le disque est un ovni, à la frontière de la blague musicale et du pastiche pop. Le blog Shotgun Solution note même : « I’m guessing this record wasn’t meant to be taken very seriously. »

Derrière cette plaisanterie se cachent pourtant quatre musiciens plutôt chevronnés : Andy Paley, Chuck Chaplin, Eric Rosenfeld et Jim Freeman. Andy Paley, surtout, n’était pas n’importe qui. Avec son frère Jonathan, il avait fondé The Paley Brothers, formation de power pop élégante signée chez Sire Records, avant de devenir producteur et compositeur reconnu. On lui doit des collaborations avec Brian Wilson, Jerry Lee Lewis ou encore NRBQ, ainsi que de nombreuses musiques pour le cinéma et la télévision, de Dick Tracy à SpongeBob SquarePants. Son goût pour la mélodie, l’humour et les projets atypiques trouve ici une sorte de laboratoire miniature.

Eric Rosenfeld, parfois crédité sous le surnom ironique de « Slowhand », est mentionné comme guitariste principal. Il aurait joué dans The Sidewinders, groupe de Boston dans lequel passa un temps Billy Squier. Jim Freeman, à la batterie, semble avoir été un musicien de studio, tandis que Chuck Chaplin, au piano, complète l’ensemble avec une touche plus lounge. Peu d’informations subsistent sur eux, mais leur présence dans un tel enregistrement donne une idée de l’atmosphère : des amis, probablement rassemblés autour d’Andy Paley, enregistrant un disque pour rire, avec une vraie compétence musicale mais sans autre ambition que celle de s’amuser.

Washing The Defectives ("Laver les défectueux") n’a pas eu de suite, ni même de véritable distribution : un tirage modeste, quelques exemplaires qui circulent encore entre collectionneurs, et des mentions perdues sur des sites de disques rares. Pourtant, cet objet mérite qu’on s’y arrête. Il capture un moment très précis de la fin des années 70 — celui où la pop intelligente, la new wave naissante et le second degré cohabitaient joyeusement.

Quarante ans plus tard, ce petit vinyle reste une curiosité attachante : un canular de musiciens brillants, une blague pleine d’amour pour la pop, et une preuve que même les projets les plus légers peuvent laisser une trace durable dans les marges de l’histoire musicale.

La démo de Sherwood

Ici, on pourra télécharger en Mp3 la démo 9 titres de Sherwood sortie en 1985 !


 

 

P'tit Cœur Noir

Voici la face B du single de Moko sorti en 1981. Une face B que je trouve, personnellement, bien meilleure que la face A.

Madame Bovary dans Nineteen (hors-série N°2 - Spécial Toulouse) Février 1984


 

Motion Picture Queen

Voici l'autre face du 2e single des Sun Rock soit "Motion Picture Queen" une chanson "new-wave" qui lorgne également vers de la pop à la Moon Martin.

Le 1er single de Madame Bovary

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le 1er single de Madame Bovary sorti en 1986 !


 

 

Le single des Spurts

Ici, on pourra télécharger en Mp3 l'unique single des Spurts sorti en 1982 !


Moko dans New-Wave n°23 (Décembre 1983)

Cet article "spécial Nice" commence par parler des Jumpin' Cadors, des habitués de ces colonnes, puis détaille un prestation des Mokos !



Moko

Au tout début des années 80, un petit groupe de rock venu de Nice a discrètement laissé son empreinte sur la scène française avec un unique 45 tours intitulé Rock Star. Nous sommes en 1981, et le disque paraît sur le label AAAA Records, un nom qui respire déjà la débrouille et la micro-production. Moko, c’est le nom du groupe, et comme beaucoup d’autres formations régionales de cette époque, il ne laissera que peu de traces derrière lui — un seul single, une pochette dessinée en noir et blanc par Gilles Lautussier, et une poignée de souvenirs que le temps a presque effacés.

Le morceau Rock Star est typique du rock français de transition, entre l’énergie punk des années 70 et la vague new wave à venir. Il y a dans ce titre quelque chose de brut et d’instinctif, une urgence propre aux groupes qui enregistrent avec peu de moyens mais beaucoup de foi. Rien d’aseptisé, tout est dans le nerf, dans la voix un peu tendue et les guitares à vif. Ce genre de disque qu’on imagine enregistré en deux prises, dans un petit studio du Sud, sans autre ambition que de capter un moment.

Mais Moko n’était pas qu’un groupe de bar ou de garage local. D’après les recherches menées par le label Caméléon Records pour la compilation Thesaurus Vol.3 (consacrée au rock et punk en France 1979-1981), les Niçois ont eu leur heure de visibilité : un passage par le Gibus à Paris, et même une apparition au Festival Jazz à Créteil en 1981, aux côtés de Barney Wilen, retransmise sur France Inter. Une trajectoire étonnante, presque incongrue pour un groupe aussi confidentiel, qui prouve que la frontière entre la scène rock indépendante et les circuits plus établis était parfois poreuse à cette époque.

Leur unique 45 tours, Rock Star, a refait surface grâce à la série Thesaurus de Caméléon Records et au travail d’exhumation mené par 45vinylvidivici.net. Sans cette réédition, Moko serait sans doute resté un nom pour collectionneur, perdu dans une discographie aussi foisonnante qu’invisible. Aujourd’hui, le morceau est de nouveau écoutable, et c’est une petite fenêtre ouverte sur ce que pouvait être la scène niçoise en 1981 : des musiciens passionnés, une approche directe, un rock franc et sans apprêt.

De Moko, on ne sait pas grand-chose de plus. Pas d’autres disques, pas de carrière à suivre, pas de membres identifiés. Juste ce single et une énergie qui, quatre décennies plus tard, continue de transpirer du sillon. Dans ce genre de rareté, il y a toujours un charme particulier : celui d’un instantané de jeunesse, d’une envie de jouer plus forte que le reste, et d’un groupe qui, sans le savoir, a participé à écrire un minuscule fragment de l’histoire du rock français.

Et une fois de plus, nous croisons la trajectoire de Caméléon Records du camarade Claude Picard — et ce n’est sans doute pas un hasard.

La face B de Madame Bovary

 Voici "I'm Runner" la face B du premier single des Madame Bovary toulousains.

Le single de Jack & The Rippers

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le premier single de Jack & The Rippers sorti en 1979.


 

Bouloupstock (suite et fin)

J'ai déjà parlé par 2 fois de cette fête de la musique organisée dans un champ sur les bords de Marne (en 1991)... Voici les derniers clichés confiés par le camarade Led' (thanks bro). D'ailleurs sur la permière photo on aperçoit le camarade Led' et à ses côtés, votre serviteur et Franck (Cérémonies, Chinaski's, Demolition Party)... 




 

Madame Bovary dans Krime Sonik (N°20 - 1992)





Madame Bovary

Au milieu des années 80, dans une France encore marquée par la cold wave et les premiers pas de l’électro indépendante, un groupe toulousain du nom de Madame Bovary se fait remarquer avec un 45 tours intitulé Be My Friend. Sorti en 1986, ce single ouvre la voie à une aventure musicale à la fois exigeante et singulière, où les machines prennent une place centrale sans jamais étouffer l’émotion. Après quelques années de concerts et d’expérimentations, Madame Bovary publie en 1991 le mini-album Leave the Kids Alive, suivi de Mind the Step en 1992, un disque plus abouti, qui marque leur maturité artistique.

Basé à Toulouse, le groupe s’inscrit dans le collectif Creative Action for Satisfaction (C.A.F.S.), un réseau d’artistes et de musiciens investis dans la promotion des musiques électroniques et alternatives. Autour de ce noyau gravite une scène dynamique qui comprend, entre autres, Poésie Noire, Cassandra Complex, Dritte Krieg ou Insekt. Ce collectif ne se contente pas de produire des disques : il organise aussi des concerts, des festivals et publie via son propre label, Creative Action Records, distribué à l’époque par Le Silence de la Rue. Le festival L.I.G.H.T., organisé par le C.A.F.S., devient rapidement un point de ralliement pour les amateurs d’électro, de new wave et d’expérimentations sonores venues du sud de la France.

Dans les entretiens accordés à l’époque, Madame Bovary revendique une musique fondée sur la tension entre douceur et dureté — un « concept doux-dur » — où la technologie devient un instrument de sensibilité. L’énergie du trio, sur scène comme en studio, repose sur une complémentarité solide : batterie, machines et synthétiseurs se mêlent pour créer une matière sonore dense, rythmée, toujours en mouvement. Leur électro rythmique, précise et nerveuse, n’oublie jamais la mélodie. L’émotion et la puissance sont au cœur de leur démarche, tout comme l’importance de la scène, considérée comme un espace de libération où les morceaux prennent leur vraie dimension.

Le groupe attache une attention particulière au travail en studio. En 1992, ils enregistrent Mind the Step à La Cour des Miracles à Toulouse, studio reconnu pour la qualité de ses productions alternatives. Ils y développent un son direct, fidèle à leurs performances, sans chercher à lisser les aspérités. Chaque morceau est pensé comme un prolongement de leurs recherches musicales et de leur rapport viscéral au rythme. Madame Bovary se distingue ainsi par une approche artisanale mais rigoureuse, à mille lieues des productions formatées de la pop électronique du moment.

Alors que la scène « underground » française peine à s’imposer, Madame Bovary et le C.A.F.S. défendent l’idée qu’une musique électronique française peut exister hors des sentiers battus, à la fois exigeante, dansante et profondément humaine. Leur discours est celui d’une époque où la technologie musicale s’affirme comme une nouvelle forme d’expression, dans la continuité du rock et de la cold wave. Les guitares cèdent la place aux synthés et aux samplers ; la pulsation devient moteur, le son devient matière.

En 1992, Madame Bovary prépare une tournée européenne, passant par l’Espagne, le Portugal, la Belgique et la France. Ils participent aussi au festival L.I.G.H.T. de Barcelone et partagent l’affiche avec d’autres formations issues de la même galaxie toulousaine. Leur ambition reste simple : faire danser, émouvoir, et montrer que la musique électronique peut être à la fois physique et sensible. Le groupe et son environnement collectif incarnent l’un des derniers grands élans de la scène new wave française avant que les années 90 ne basculent vers la techno et la musique club.

Madame Bovary, c’est finalement l’histoire d’un trio qui a su marier rigueur rythmique et intensité émotionnelle, tout en contribuant à poser les bases d’une véritable scène électro indépendante en France. Une histoire discrète, mais essentielle, qui rappelle combien la périphérie — ici Toulouse — a souvent été un foyer d’expérimentation et d’invention musicale.

Spasmes et Disco Le Soir

Voici 2 extraits de l'E.P. des Stillers. Le premier ("Spasmes") ne durant que 23 secondes, je me suis dit que ça allait être un peu court pour une publication. On reste sur du punk agricole comme on l'aime, énergique et rapide ! 

Le 1er single de Raff

Ici, on pourra télécharger le 1er single de Raff sorti en 1984 !


 

Je suis fier de mon grand-père

Voici l'autre face du single des Spurts sorti en 1982 sur le Kiosque d'Orphée... Un bon moment de rigolade punk à la française comme on aimait à l'époque ! 

R.E.M.

Avant d’être les stars planétaires que l’on connaît — les arènes pleines, les clips en boucle sur MTV, les hymnes comme Losing My Religion —, R.E.M. a été un petit groupe du Sud profond. Un groupe de copains d’Athens, en Géorgie, qui bricolait une pop étrange et lumineuse dans un monde encore post-punk.

Tout commence en 1980, quand Michael Stipe, Peter Buck, Mike Mills et Bill Berry se rencontrent à l’université. Athens n’est pas encore la scène indie qu’on imaginera plus tard, mais il s’y passe déjà quelque chose : The B-52’s ont ouvert la voie, et dans les bars du coin, des kids font du bruit avec des guitares, loin du clinquant de Los Angeles ou du nihilisme new-yorkais.

Le premier single, Radio Free Europe, sort en 1981 sur Hib-Tone. Petite maison locale, tirage confidentiel, mais cette chanson a tout. La guitare cristalline de Buck, entre jangle et urgence, la basse mélodique de Mills, et la voix de Stipe, mystérieuse, presque incompréhensible. On ne comprend pas les paroles, mais on sent qu’il se passe quelque chose. C’est ça, la magie de R.E.M. à ses débuts : de l’énergie, de la mélodie, et un voile de brouillard par-dessus. Le morceau attire assez d’attention pour que le groupe signe chez I.R.S. Records, label connu pour ses choix audacieux (The Go-Go’s, Wall of Voodoo, The Cramps).

En 1982, sort Chronic Town, cinq titres d’une beauté un peu tordue. Ce n’est pas un disque “important” à l’époque, mais avec le recul, c’est une petite révolution. Les guitares sonnent comme si elles venaient d’un autre pays, la batterie rebondit, et Stipe chante comme s’il parlait un dialecte secret. Des morceaux comme Gardening at Night ou 1,000,000 montrent déjà ce que R.E.M. fera de mieux : mélanger le folk-rock des Byrds, l’ombre du punk et une mélancolie très personnelle. C’est un disque qui respire la campagne américaine, la verdure, les routes vides et les couchers de soleil, mais avec une tension sous-jacente.

L’année suivante, Murmur installe R.E.M. comme le fer de lance d’une nouvelle scène américaine. Là encore, rien n’est frontal : pas de gros son, pas d’effets de manche. Juste cette écriture tordue, ces mélodies qu’on reconnaît sans les comprendre, et cette atmosphère quasi-mystique. Les critiques adorent, la presse parle d’un souffle nouveau, mais le grand public passe à côté. Tant mieux : Murmur reste un disque à part, une œuvre d’initiés. On y retrouve l’Amérique profonde, les trains de nuit, les terrains vagues, les mots qu’on devine plus qu’on ne les entend.

Ce R.E.M.-là n’a pas encore les moyens des grandes productions ni les refrains faits pour les stades. C’est un groupe qui avance par instinct, porté par des chansons qui semblent venir d’un autre temps. Ce qu’ils ont créé entre 1981 et 1984 reste un miracle d’équilibre entre naïveté et maîtrise. Plus tard, tout changera — Document, Green, Out of Time, Automatic for the People —, mais ceux qui ont usé leur exemplaire de Chronic Town savent : le vrai frisson R.E.M., celui du brouillard, du jangle et du mystère, c’était là, au tout début quand on assurait (entre initiés) qu'en fait ce groupe s'appelait "Rapid Eyes Movement"...

Untitled

Ici, on pourra télécharger le long de Pavillon 7B sorti en 1987. Ce magnifique album se vend jusqu'à 50 euros sur Discogs. C'est dire si il est précieux et recherché !

Le retour des héros

3e extrait de "Tower Of Love" des Girls From Tahiti, voici "Return Of The Heroes" et son magnifique son de basse/batterie...

Les Spurts

Les Spurts font partie de ces groupes punks français qu’on découvre toujours avec un petit frisson, celui de tomber sur une bande de mômes pleins de morgue, qui ont su tout dire en quelques morceaux. Venus de Caen, ils ont sévi entre 1980 et 1984, dans une Normandie alors fertile en décibels et en groupes énervés. Leur nom, piqué à Richard Hell & the Voidoids (“Love Comes in Spurts”), annonce la couleur : un punk direct, sale, drôle, sans calcul.

Leur formation a un peu bougé au fil du temps : Stiff au chant, Jean-Christophe puis Vodka à la guitare, Mongolito à la basse, Boboss puis Kebra à la batterie. Le service militaire aura raison du groupe au milieu des années 80, comme souvent à l’époque. Mais avant ça, les Spurts auront enregistré, en novembre 1982, cinq morceaux au studio Melody Music de Caen : « Petit papa fasciste », « Je suis fier de mon grand-père », « Bébé Nazi », « Je suis amoureux d’une pute » et « Quatre conseils pour un suicide réussi ». Tout un programme. Le 45 t « Petit papa fasciste / Je suis fier de mon grand-père » sort la même année, dans un total anonymat, avant d’être réédité en 2010. Ces cinq titres referont surface en 2022, sur un EP qui remet enfin le groupe dans son contexte : celui d’une jeunesse punk de province, sans plan de carrière, mais avec une vraie urgence à gueuler quelque chose.

Leur son est brut, un peu maladroit, mais terriblement vivant. Pas de second degré, pas de pose arty : juste un groupe qui balance ses tripes avec trois accords et beaucoup de mauvaise foi. Les paroles, volontairement provocantes, jouent avec les symboles interdits, comme pour tester les limites d’un pays encore frileux avec la subversion. Il paraît qu’Alain Maneval avait passé un de leurs titres sur Europe 1 — petit miracle de contamination radiophonique à une époque où le punk hexagonal se jouait surtout dans les MJC.

En 1984, les Spurts se séparent, et Jean-Christophe part fonder Fuckland, autre aventure du coin. Les Spurts n’auront donc laissé qu’une poignée de titres, quelques photos et beaucoup d’énergie mal canalisée. C’est peu, mais suffisant pour mériter leur place dans la grande histoire bancale du punk français. Un groupe sans ambition, sans compromis, et sans postérité immédiate — mais dont chaque écoute rappelle pourquoi on s’attache à ces disques bricolés : parce qu’ils sentent le vinyle mal pressé et l’envie furieuse d’exister, ne serait-ce que deux minutes trente.

Cet épisode pourrait sembler clos, mais c’est là qu’intervient l’ami Claude Picard. Avec son label Caméléon Records, il s’est donné pour mission de réévaluer ces groupes oubliés,  ceux qui ne bénéficiaient pas des projecteurs parisiens, et dont les traces empoussiérées attendaient d’être exhumées. Claude ne fait pas ça pour le buzz : il fait ça parce qu’il croit que toute la France musicale mérite son histoire. Il creuse les vieux tiroirs, impose des tirages vinyles soignés, retravaille les pochettes, remet en lumière des titres qui dormaient depuis trop longtemps. Le travail de mémoire qu’il accomplit donne aux Spurts, et à d’autres groupe du même acabit, une seconde chance d’être entendus par ceux qui cherchent encore ces ruines vivantes de la scène alternative.

Les rues de la Méchanceté

Voici un 2e extrait du 4 titres de Girls From Tahiti voici le très bon "Streets Of Spite" ! 

Central

Nouvel extrait du magnifique album de Dazibao "Les Musiques De La Honte" voici le très incantatoire "Central" !

Girls From Tahiti

En 1984, un étrange et fascinant 12 pouces intitulé Tower Of Love voit le jour sur le petit label suisse R.F. Records. Derrière cette pochette soignée signée Alex Colle et Lisa Etter se cache un groupe tout aussi singulier que mystérieux : Girls From Tahiti. Malgré leur nom exotique, les musiciens ne viennent pas des îles, mais de Zürich, où ils se sont formés au printemps 1983.

Le groupe est alors composé de Dani Eggspühler à la batterie et au chant, de Peter Hefti à la basse et au chant, de Dinu Keller à la basse — vite remplacé par Peter van der Zouw — et de Hary Lehnherr à la guitare et aux chœurs. Ensemble, ils enregistrent un mini-album de quatre titres, Tower Of Love, publié en mars 1984. La sortie, datée précisément du 23 mars, s’inscrit dans cette période effervescente où la Suisse produit une scène post-punk et new wave confidentielle mais inventive, dans le sillage d’autres formations comme Grauzone, Liliput ou Dieter Meier avant Yello.

Les morceaux, au titre déjà révélateur — No Reply, Streets of Spite, Return of the Heroes, Sold Out — oscillent entre un post-punk tendu et un son plus pop, porté par une production dépouillée mais claire. On y retrouve cette esthétique propre aux petites productions helvétiques de l’époque : un mélange de rigueur froide, de mélancolie synthétique et de sincérité DIY.

Sorti sur R.F. Records (référence 1006), le disque ne connaît qu’une diffusion très limitée. Aujourd’hui, il fait partie de ces rares objets que les collectionneurs de new wave européenne traquent avec ferveur, souvent listé sur Discogs comme une pièce obscure mais précieuse. Peu d’informations ont circulé sur la suite du groupe, qui semble s’être dissous peu après la sortie du disque, laissant derrière lui un unique témoignage — quatre morceaux, une pochette, et un nom aussi incongru qu’évocateur.

Quarante ans plus tard, Tower Of Love reste un petit mystère, un fragment de l’histoire souterraine de la musique suisse, et une belle découverte pour ceux qui aiment fouiller les marges du post-punk continental.

Le single de Definitivos

Ici, on pourrra télécharger en Mp3 le premier single des Definitivos belges sorti en 1981 !


Voodoo's Revenge

Voici un 2e extrait de l'album "Welcome To The Isle Of Dogs" des Bonaparte's sorti en 1986 qui m'a attiré les foudres de YouTube (à cause d'un sein qui dépassait).

On va faire la Java

Dans quelques jours, les Disques Abrasifs organisent une grande "Release Partii" (avec 2 i). Au programme, Jean_Marc mon groupe adoré, puis l'électro dingo des Hauts de Plafond et pour finir... Demolition Party et leur dream pop magnifique... Ne ratez pas cette belle occasion ! Ce concert à la Java, le 1er novembre, est gratuit mail il faut s'inscrire : https://urls.fr/E9s0ed !


 

I Feel LIke A Tram

Voici l'autre face de l'unique single des Suisses de Jack & The Rippers sorti en 1979.

On les aura

Dernier extrait du 1er single de Raff sorti en 1984 !

Joe Strummer versus The Stooges

Petite pensée pour Joe Strummer, notre grand frère disparu il y a 23 ans. Il me manque. J'ai trouvé cette reprise sur l'internet et je ne savais pas que Joe s'était attaqué à ce standard des Stooges. Il s'agit d'une captation live au Japon lors de sa dernière tournée avec les Mescaleros ! 

Le 1er single de G.P.S

Ici, on pourra télécharger en Mp3 le 1er single de G.P.S sorti en 1982 !